14/06/2019

Juin (a)

Politique
- L'intendante (gouvernante) de la Région Métropolitaine a demandé l'ouverture d'une enquête sur l'action des compagnies électriques lors des coupures de courant de fin mai et l'éventuelle application de sanctions pour la durée des celles-ci (manque de service adéquat). Plus de 3.000 clients continuaient sans service après plus de jours à Santiago et 1.200 après 4 jours.
- Le 1er juin au soir, le président Piñera a prononcé son discours annuel de rendement de compte devant le Parlement. A part un résumé de ce qui a été fait et de la liste des lois envoyées au parlement, il y a eu de nombreuses annonces et projets liés à son programme, comme la modernisation des institutions (polices, ministère public, système de nomination des juges, réduction du nombre de députés et sénateurs), attaque frontale aux narcotrafiquants, investissements en transports (trains et routes), abandon progressif du centrales électriques thermiques, etc.. Il a aussi appelé l'opposition à mettre fin à son "obstructionisme" et manque de colaboration pour approuver ses réformes, et récupérer la culture des accords. La transmission par télévision a eu un rating de 27 points (7% de plus que l'an passé). parlant des relactions internationales, il n'a pas manqué non de plus de critiquer durement "la dictature" qui dirige le Vénézuéla.
- Selon l'équipe de "vérification de faits" de l'Université Catholique, des affirmations du président 36 furent qualifiées de "croyables", 26 de "croyables mais avec réserves", 3 de "créatives" y 2 "incroyables" (fausses).
- Entre le 29 mai et le 3 juin, on ne donnait plus au président que 29% d'approbation, avec 59% de réprobation. Le gouvernement avait 37% d'approbation, contre 39% de réprobation, et 68% considèrent que le gouvernement a été débile pour prendre des décisions. Le seul politicien qui obtient plus de 50% d'approbation est Joaquin Lavin, bourgmestre de Las Condes (commune du haut de Santiago), du parti Union Démocratique Indépendante (de droite). Le suit l'ex-présidente Bachelet, mais avec 18% de moins. La ministre d'Education est entre les 5 personnalités les mieux valorées, alors qu'elle a rencontré l'opposition des syndicats de professeurs et des groupements d'élèves.
- 64% des chiliens ne s'identifient avec aucune position politique. 60% considèrent que le pays "stagne". La délinquance, les pensions et la santé restent les thèmes qui préoccupent le plus. - Coïncidence: Le même jour où était publiée cette enquête, le président a changé six ministres: 4 s'en vont (dont celui de la santé) et les autres changent de ministère. Trois des nouveaux ministres l'avaient déjà été dans le gouvernement antérieur de Piñera. Un des partis de droite est mécontent parce qu'un autre "a" maintenant plus de ministres.
- L'ex-candidat présidentiel d'extrème droite a formé son propre parti, nommé "Républicain", qui regroupe en partie des militants venus du parti traditionnel de droite Union Démocratique Indépendante (UDI). Il a formulé de nombreuses critiques au président Piñera et on lui a demandé de ne pas se tromper d'ennemi.
- Le gouvernement a annoncé la création d'un "Défenseur Majeur", un avocat qui sera chargé d'orienter les seniors ayant besoin de conseils ou services juridiques (qu'il indiquerait). Il y en aura un dans chaque région du pays.
- Le "Conseil de Toutes les Terres", qui réunit diverses communautés mapouches, a annoncé -devant les présidents des deux chambres et plusieurs parlementaires- l'installation d'un "gouvernement autonome mapouche" pour "avancer vers l'autodétermination", mais qui "ne méconnaîtra pas les pouvoirs ni les autorités de l'Etat chilien". Un des lonkos (chef de communauté) a cependan dit que "nous ne voulons pas la guerre mais nous y sommes préparés".

Sécurité
- Le gouvernement a proposé une loi spéciale pour mettre fin aux typiques funérailles de narcotrafiquants (avec leurs feux d'artifice et coups de feu en l'air): il prévoit 5 ans de prison pour les feux d'artifice et de 7 à 10 ans de prison pour les mitraillages en l'air.
- Le gouvernement a annoncé le lancement d'un "comissariat virtuel", qui permettra de faire par internet des constats qui, jusqu'à présent, se faisaient personnellememnt dans les comissariats de police (p.ex. -ce qui n'est pas obligatoire mais peut être utile comme preuve- déclarer la perte de documents ou d'un GSM, l'abandon du foyer d'un conjoint, une infraction d'un contrat de travail, etc.). Cela réduira le temps que des policiers devront rester dans un bureau.
- L'information de 41.000 cartes bancaires a été soustraite d'un fournisseur du réseau chilien de paiements par internet. De ce total, il n'y aurait eu que 82 cas de fraude. Un suspect a été arrêté. Les cartes ont été bloquées et remplacées par les banques.
- Les attaques incendiaires continuent en Araucanie, toujours sans détenus.

Economie
- Les producteurs de saumon ont annoncé la fin de la production dans les lacs du sud du pays, "afin d'en protéger les eaux" [un peu tard, car ils les ont contaminées pendant des années].
- Le gouvernement a accéléré les investissements en travaux publics pour "renforcer" l'économie du pays. Ce seront 200 millions de dollars au second semestre. Les économistes doutent de ce que cela aie un impact cette année. Mais plus de 1.000 millions sont prévus d'ici 2020.
- La Banque Centrale a baissé de 0,5% le taux d'intérêt de politique monétaire (de 3 à 2,5%). Elle a aussi baisé sa projection de la croissance de la formation de capital fixe de cette année à 4,5% au lieu des 6,2% prévus au début de l'année, bien qu'elle espère un taux de 4,1% l'an prochain.
- Les (fortes) taxes sur les héritages ont rapporté au fisc 1.280 millions de dollars en 10 ans. La demande de leur suppression, considérant qu'elles impliquent un double paiememt (les taxes normales ayant été payées lors de l'obtention des biens) n'a jamais été écoutée.
- De 490.000 étrangers dans le pays en 2014, on est passé à 1.250.000 en 2018, avec l'arrivée, surtout, de haitiens et vénézuéliens. Cette quantité a fait augmenter la consommation et les postes de travail dans le commerce pour la satisfaire. Elle a aussi fait augmenter l'envoi d'argent à l'étranger, beaucoup aidant ainsi leur famille. Les vénézuéliens arrivés ont, en moyenne, plus d'études que la moyenne des chiliens, mais travaillent dans des postes au-dessous de leur qualification.
- Les fonds de pension conservent 178.000 millions de CLP (232 millions d'€) appartenant à plus de 173.000 cotisants décédés, dont l'héritage n'a pas été réclamé. (On discute ce qu'il faudrait faire avec ces fonds.)
- Grève de 3.200 des 4.600 travailleurs de la mine de cuivre de Chuquicamata, qui produirait ainsi 1.000 tonnes de cuivre de moins chaque jour. Ils ont refusé un bon général de 14,1 millions de CLP (18.400€) pour chacun et l'indemnisation extra pour ceux qui se retirent (une réduction de personnel étant nécessaire) offerts par l'entreprise, qui les condisèrent les seules responsablement possibles. Mais la raison du refus serait les différences concernant le plan de couverture de santé pour les travailleurs qui ont des maladies chroniques produit des nombreuses années de travail à la mine. Celle-çi doit passer de ciel ouvert à souterraine, avec plus d'automatisme, ce qui réduira de 1.700 les postes de travail.

Education
- Les professeurs du secteur public sont en grève, réclamant "de meilleures conditions de travail" et en désaccord pour la réforme du curriculum des 2 dernières années de moyenne (qui introduit des cours optatifs au lieu de ceux d'histoire et de gymnastique).

Santé
- Le docteur en neurosciences Pablo Muñoz, de l' Université de Valparaiso, a patenté un composant "nanoconteneur" fait de polymères de quitosano (carapace de langoustes) qui permet aux médicaments destinés au cerveau de traverser la barrière qui protège ce dernier. Les essais sur animaux ont été concluants et commence l'étape d'essais sur les humains, qui permettraient de contrôler beaucoup mieux la détérioration cognitive.
- La contraction économique a mené les grands magasins à lancer des campagnes de promotion et liquidation, les ventes étant en baisse (à leur niveau le plus bas au premier trimestre depuis 5 ans).

Religion
- Le pape François a accepté le renon d'un des deux nouveaux évêques auxiliaires de Santiago qu'il venait de nommer. Celui-çi avait commis l'erreur de déclarer que "les femmes n'étaient pas présentes à la Dernière Cène et elles préfèrent peut-être de rester au second plan", ce qui lui valut de nombreuses protestations.

Climat
- Suite aux trombes qui ont affecté la zone de Concepcion (avec des vents de 200 kmh), le président Piñera a annoncé l'installation de radars météorologiques, qui permettraient d'anticiper des phénomènes atmosfériques. La dernière semaine de mai, plus de 1.000 maisons ont été effectées par une tornade et des trombes dans la région de Concepcion (qui ont fait un mort et plusieurs blessés).
- Le changement climatique mondial signifie une plus grande sécheresse ici et aussi des pluies plus abondantes dans des périodes de temps plus courtes, qui provoquent des innondations mais ne remplissent pas les barrages. Les températures sont aussi plus extrêmes. Santiago accusait, fin mai, un déficit de pluie de 97% en relation à une année normale.
- Les pluies en région métropolitaine ont de nouveau provoqué des coupures de courant électrique. (Comment est-il possible que les compagnies ne soient pas capables de protéger leur équipement de la pluie?) Les habituelles inondations de certains certains secteurs se sont reproduites.

Transports et Communications
- Le ministère des Transports a annoncé l'achat - par la distributrice d'électricité Enel - de 183 bus électriques, dans le cadre de rénover la flotte de transports publics de Santiago. De cette façon, ils seront 408 à la fin de l'année (13,7% du total).
- Un nouveau vol de la Force Aérienne a ramené ici 119 chiliens qui vivaient au Vénézuéla, fuyant de la situation de ce pays.

EXTRA: Sur le changement de ministres
(Extrait d'éditorial du journal La Tercera, 14/06/2019
Le deuxième changement de gouvernement opéré par le Président de la République a été précédé par une tension et une anxiété inhabituelles, en raison de l'ampleur de sa prolongation. On espérait des ajustements fondamentaux au sein de l'équipe politique et de la gestion économique, mais le président a choisi des échanges de postes et le retour de personnages de son premier gouvernement, laissant intacts des ministères clés. De cette manière, il s’agit d’un changement sans grande portée qui, bien qu’il puisse contribuer à surmonter certains problèmes de gestion spécifiques, rend plus difficile la visualisation du début d’une nouvelle étape.
Un changement de cabinet vraiment audacieux - qui aurait fait réalité la harangue exprimée par le président lui-même, en ce sens que "le temps des définitions et de l'action" est arrivé - devrait également couvrir une partie du comité politique du palais, qui montre des signes d'usure. Dans la phase à venir, où il sera nécessaire de gérer des réformes à grande échelle, il aurait fallu insuffler une nouvelle vigueur, non seulement pour les pousser plus résolument, mais aussi pour mieux expliquer leur importance. Cependant, la restructuration du cabinet semble davantage orientée vers la correction de problèmes de communication ou dans certains domaines, de la gestion que vers une réorientation en profondeur.