30/07/2016

Juillet (b)

15 juillet - Entre 2003 et 2005, le ministère des Affaires Etrangères fit pour la première fois un recensement des chiliens vivant à l'étranger. Il y en avait 850.000 dont 429.708 en Argentine, 113.394 aux Etats-Unis, 42.396 en Suède, 37.577 au Canada et 33.626 en Australie. Un nouveau recensement sera enfin rélisé, par internet.
- Avec les ras-de-marée des derniers jours dans la zone centrale, la digue et les commerces du balnéaire de Viña-del-Mar ont de nouveau été endommagés et les plages ont perdu du sable. Le métro régional qui y passe, vers Valparaiso, a repris ses trajets, qui avaient été interrompu à cause du danger des vagues qui arrivaient à sa ligne.
- En avril-juin, 12% des acheteurs d'une nouvelle résidence ont résilié l'accord d'achat suite au changement de leur situation économique. De plus, les ventes ont diminué 30% en comparaison avec la même période de l'an passé.
- La Trésorerie a fait un investissement de 24 millions de dollars pour améliorer ses services technologiques et, ainsi, agiliser les opérations des contribuables. 
- Le groupe américain CA Ventures, en alliance avec un associé local, se propose de construire dans le pays -selon son modèle- trois édifices de résidences pour étudiants, le premier avec 11 étages et 144 chambres, au centre de Santiago, avec un coût 18 millions de dollars (de prêts locaux).

16 - Jour férié: Fête de Notre-Dame du Carmel, patronne du pays. Comme chaque année, près de 250.000 fidèles se sont réunis à son sanctuaire d'un petit village du nord, La Tirana (près d'Iquique), pour célébrer la fête avec des danses folckloriques traditionnelles. Des danseurs ont introduit une nouveauté ultramoderne: de petites lampes leds sur leurs masques.
- Une heure de travail d'un chilien produit en moyenne des biens et services pour une valeur de 27 dollars, comme en Roumanie (contre 67 dollars aux Etats-Unis, 61 en Suède ou 38 en Israel). Cela rend nécessaire un changement dans la formation de capital humain mais, selon les experts, la réforme éducative va en sens contraire aux besoins: elle augmenterait l'intervention de l'Etat en éducation supérieure, réduisant la participation privée qui pourrait mieux définir les besoins et types de formation. (Les pays qui ont du succès ont cette participation.)
- Des 596 gendarmes (gardiens de prisons) avec de longs congés de maladie, 123 ont été expulsés pour abus, 61 ont été justifiés et 412 seront revus par une comission médiale. Au moins 74 autres fonctionnaires recevraient des assignations (rentes) extra basées sur des certificats d'études supérieures falsifiés, que 124 autres auraient aussi acheté. La fiscalie enquête sur les responsables.
- 20% des habitants de la capitale -dans la périférie- compte avec moins de deux services de transport en commun (bus dans ce cas) et 22,7% en ont plus de 10, plus le métro.
- L'emploi de carte prépayée qui est utilisé dans le train régional de Concepcion sera étendu progressivement aux bus de cette ville.
- Une colombienne naturalisée alemande a été arrêtée à la douanne de Santiago avec une valise qui contenait, dans un double fond, 14.984 pastilles d'extasis.
- L'autorité d'évaluation écologique a approuvé durant le premier semestre 202 projets pour un montant d'investissements de 16.600 millions de dollars. Le total des investissements en cette période a cependant baissé de 2,4% en comparaison avec à la période antérieure (expliquée par le secteur minier).
- Plusieurs millions de dollars sont perdus dans le secteur agricole -surtout de fruits secs et porcs- à cause des vols de machines et de produits et d'agressions, qui augmentent de plus en plus. 90% des affectés se plaignent de ne pas avoir eu de réponse effective de la police.

17 - Le gouvernement de Bolivie a averti le consulat du Chili à La Paz que son ministre des Affaires Etrangères viendrait "inspecter" les ports d'Arica et Antofagasta, où ce pays a libre transit pour son commerce extérieur, sans concorder avant aucun aspect de cette visite avec le gouvernement chilien, ce qui est tout à fait anormal en matière de relations diplomatiques. Le ministre chilien de l'Extérieur a fait remarquer que, de cette façon, la visite sera considérée comme privée et que le ministre bolivien et ses accompagnants (58!) seront traités comme tout étranger qui entre dans le pays, mais veillera quand même à lui offrir une escorte policière, pour assurer sa sécurité. L'intention d'inspecter les ports a aussi été considérée comme un acte "peu amitieux" et n'est d'aucune façon une prérogative inclue dans le traité de 1904 qui a autorisé l'utilisation de ces deux ports chiliens. On se doute bien qu'il s'agit d'une manoeuvre tendant à vouloir réunir des arguments pour faire croire que le Chili ne respecte pas le traité de 1904.
- Alors que l'ex-président Piñera avait accusé le gouvernement actuel de "semer des vents et récolter des tempêtes", le ministre secrétaire de la présidence lui a répondu que "les vents de tempête" avaient été semés bien avant dans la population et que le rôle de la présidente "est de les canaliser".
- Une double crise a aussi atteint le Service National des Mineurs (SENAME), chargé tant de la protection des enfants abandonnés ou agressés par leurs parents et des délinquants juvéniles. D'une part, il a été dénoncé que, depuis 2005, 185 mineurs à sa charge sont morts (on en enquête les raisons), d'autre part, il y a 8.000 enfants en liste d'attente pour y être reçus. Finalement, 19 mineurs se sont enfuis du centre de l'organisme à Arica. Le SENAME dépend aussi du Ministère de Justice, comme la Gendarmerie, aussi en crise. Les directeurs local, régional et national du service ont été démis et remplacés. La nouvelle directrice est l'ex-fiscal qui a exculpé Bachelet de toute responsabilité pour les graves décisions erronées qui ont été prises lors du tsunami de la fin de son gouvernement antérieur (provoquant de nombreuses victimes). La plupart des fonctionnaires du SENAME n'ont aucune formation spécialisée dans ce domaine.
- Quatre équatoriennes qui tentaient d'introduire dans le pays trois mineurs avec des documents frauduleux pour ensuite voyager vers les Etats-Unis ont été arrêtées par la police internationale à l'aéroport de Santiago et sont maintenant accusées de trafic de personnes.
- Peu après avoir pris le pouvoir, le gouvernement avait annoncé des investissements de 4.200 millions de dollars pour améliorer les transports en commun dans des villes de province. Mais rien n'a été fait dans ce sens, car les évaluations réalisées par les autorités régionales ont révélé que les projets choisis n'avaient pas la "rentabilité sociale" espérée. Les experts universitaires ont conclu que le système d'évaluation fonctionne "raisonnablement bien" et a du prestige dans la région, mais il faudrait l'améliorer avec de nouvelles variables comme les effets sur le commerce, le tourisme et les prix sociaux. Selon le Conseil National de Développement Urbain, il faudrait aussi assurer une meilleure garantie de qualité des travaux, éviter la fragmentation des projets, assurer la validation par la communauté affectée, et aussi modifier la façon de donner priorité, pour éviter des décisions populistes. Le Ministère du Développement prépare une nouvelle méthologie, qui serait consultée avec les experts.
- Des détenus des prisons du pays, malgré l'interdiction, obtiennent toujours des téléphones mobiles et les utilisent de plus en plus souvent pour réaliser des extorsions (p.ex. se faire passer pour un policier qui demande un pot-de-vin pour ne pas incarcérer un parent de qui reçoit l'appel). Plus récemment, ils ont inventé de faux séquestres. Les deux choses étant de mieux en mieux connues ici (et avec moins de résultats pour eux), ils ont maintenant découvert des numéros de téléphone d'Espagne et y ont déjà tenté 700 "séquestres virtuels" selon la police locale. Ils demandent, là-bas, en général 30.000 euros. Les délinquants sont difficile à identifier car, ici, il est facile d'acheter des téléphones avec pré-payement des communications, sans nécessité de s'identifier, et les délinquants arrivent aussi souvent à transformer leur numéro en "privé" ou "inconnu". La police ne peut normalement que tâcher de suivre la route des payements (et les gendarmes d'inspecter les possessions des détenus... qui ont aussi leurs cachettes, ou obtiennent rapidement un autre téléphone, par les visites qu'ils reçoivent et les cachent aussi très bien).
- Le nouveau système de qualification des aliments "Haut en" (sel, sucre, calories, graisses) pousse maintenant le Ministère de la Santé à faire changer les étiquettes d'aliments "sains" qui utilisaient aussi la mention "Haut en" (p.ex. calcium ou probiotiques), pour éviter les confusions. Pour le moment, les fabriquants consultés on fait remarquer que "haut" n'a de connotation ni positive ni négative et qu'il n'y aurait pas lieu d'intervenir. Comme il est prévu que tout le système d'étiquettage serait renouvelé en 2018, ils demandent de ne rien changer pour le moment. Malgré cela, le ministère leur a demandé de se préparer pour le changement.

18 - Le ministre bolivien des Affaires étrangères s'est présenté hier à la frontière (dans les Andes), qu'il prétendait franchir sans montrer ses documents, ce qui -bien sûr- n'a pas été permis, mais on lui a permis de passer sans ouvrir ses bagages, pour éviter un autre conflit. Après avoir accompli les formalités d'entrée comme touriste, avec ses 58 accompagnants (des parlementaires et pas moins de 30 journalistes), il a commencé par aller voir une autre rivière qui traverse la frontière (la Loa) - mais son arrêt fut à un point d'où on ne peut voir qu'un affluent, y étant physiquement impossibles de voir la rivière qui intéresse! -, pour affirmer que le Chili avait dévié son cours. Aujourd'hui, il a voulu entrer au port d'Arica, avec ses propres véhicules, -ce qui est interdit par des règlements internationaux- "pour vérifier les accusations de discrimination des transporteurs boliviens", ce qui a été empêché par l'autorité portuaire, faute de demande d'accès avec antériorité (Les particuliers doivent le faire normalement 15 jours à l'avance). Le ministre a dit qu'il attendait une explication du gouvernement chilien, car il aurait le droit de visiter les bureaux qu'il dit avoir dans la zone portuaire et il est resté devant la porte jusqu'à son ouverture. Le président bolivien en a profité pour déclarer que le Chili "empêche le développement de la Bolivie", que "les autorités chiliennes ont peur que la vérité soit connue", et les a accusées de racisme (lui et son ministre sont aymaras). Ayant reçu la demande formelle d'accès, l'autorité portuaire a ouvert l'accès à la comitive dans l'après-midi, mais seulement pour 25 personnes et dans un bus de l'entreprise. A la sortie, le ministre a assuré qu'il avait observé "25 irrégularités, ce qui vulnèrerait le traité de 1904", par exemple la fumigation de produits agropécuaires (mesure sanitaire obligatoire par loi, pour protéger la production nationale), le contrôle de la charge (dirigée à détecter la drogue), l'application d'amendes (qui sont pour ne pas respecter le code de la route chilien, par exemple). Selon lui, le traité l'exempterait donc des lois chiliennes! Le gérent du port a rappelé qu'il a investi 140 millions de dollars dans les 10 dernières années pour améliorer les installations qui servent à la Bolivie et 11 millions de dollars pour augmenter l'espace requis par leurs importations (ce qui n'est pas tenu en compte). Les visiteurs n'ont pas voulu entendre les explications et rectifications faites par le gérent durant la visite. La tactique bolivienne a toujours été de provoquer les chiliens. Le ministère des Affaires Etrangères chilien a dénoncé publiquement le "manque de courtoisie" de la visite, le programme du voyage n'ayant pas été informé, malgré une demande formelle.
- Le sénateur Ossandon a renoncé à son parti (de droite) pour pouvoir être candidat indépendant à la présidence du pays (fin 2017), le parti n'ayant encore pris aucune décision à ce sujet.
- Selon la FAO, la production de bois dans le pays a triplé en 25 ans et augmenterait encore de 22% d'ici 2025. Elle atteindrait 21 millions de mètres cubes annuels en ce moment.

19 - Le ministère des Affaires Etrangères chilien a annoncé qu'il enverra une "note de protestation" diplomatique à la Bolivie pour le comportement de son ministre à Arica. (Cela sert à quelle que chose? Pourquoi a-t'il permis l'entrée d'autorités étrangères sans accord préalable, sachant que ce serait une provocation?) Ici, on est extrêmement légalistes, alors que les boliviens sont effectistes... et toujours orientés à la provocation et aux insultes depuis que Morales y est président. Le ministre bolivien a visité aujourd'hui le port d'Antofagasta, où on ne lui a permis l'entrée que de dix personnes. A sa sortie, il a dit que la Bolivie avait demandé l'autorisation pour construire un port propre près d'Antofagasta mais que cela avait été refusé. "Alors que des entreprises chiliennes sont autorisées, à nous on nous refuse d'investir." Il a aussi réclamé pour les pertes que causent les grèves "28 jours par an" et les charges pour opération (Il faudrait travailler gratis?) Il n'a accepté aucun contact avec des boliviens vivant ici et ses accompagnants on empêché la bourgmestre d'Antofagasta de lui parler... alors que la visite avait été qualifiée de "dialogante" par le ministre bolivien. Et, pour finir, avant de partir de l'hôtel, la délégation a entonné son "Hymne de la Mer" (qui réclame la côte, une claire provocation), ce qui est considéré "la goutte qui a fait déborder le verre" par les autorités locales.
- Les demandes d'allocations de chômage (qui ne durent pas plus de 6 mois ici) ont augmenté de 14,7% au mois de mai.
- Le ministre des Finances a invité les industriels a faire "plus de travail et moins de pleurnicheries" (ce qui fut évidemment mal reçu).
- Dans 23% des foyers chiliens, les dépenses dépassent les revenus; 50% dépensent tout ce qu'ils gagnent et 26,6% peuvent épargner.
- Selon la Banque Mondiale, le pays est descendu de la 33° à la 36° position en matière de protection des accionistes minoritaires, alors que la Banque Centrale locale estime que la protection a augmenté.
- Le pays est 62° en matière de transparence du marché inmobiliaire.

20 - Le ministère des Affaires Etrangères a annoncé que, dorénavent, tout fonctionnaire public bolivien devra demander un visa pour entrer dans le pays. Le président bolivien a de nouveau taxé les autorités chiliennes de racistes.
- La Corporación du Cuivre (Codelco, fiscale) a apporté au fisc 55.000 millions de dollars depuis 2004 mais aussi une dette qui a crû de 247% malgré ses excédents (arrivant à 13.083 millions), ce qui la met en situation critique par manque de prévision (épargne): le prix du cuivre a baissé de plus de 20% l'an passé et aussi la loi du gisement, exigeant de gros investissements pour poursuivre l'exploitation.
- 100.000 saumons se sont échappés d'un centre de culture dans la région de Magellan.

21 - Les scientifiques chargés il y a deux mois d'étudier la "marée rouge" (plaie d'algues mortelles qui a baigné les côtes du sud du pays) réclament qu'ils n'ont encore reçu aucun payement du gouvernement (qui avait promis 42 millions de CLP) et ont dû financer eux-même le travail et vivre à crédit.

22 - L'OCDE a critiqué l'augmentation ici des centrales électriques au charbon au cours des 10 dernières années (37% de la génération actuellement), qui a fait que "15% de chiliens respirent un air dangereux". Le pays a aussi empiré en gestion d'ordures.
- 81% des enfants et jeunes entre 8 et 17 ans possèdent un téléphone mobile, mais la moyenne est de le recevoir à 11 ans.
- Selon le directeur de l'agence InvestChile, les étrangers voient ici des occasions d'investissements que les locaux ne voient pas.
- Le consortium (dirigé par Aéroports de Paris) qui construira le nouvel aéroport de Santiago a obtenu un prêt de 513 millions de dollars de plusieurs banques europénnes et chiliennes pour la construction.

23 - On a su que les principales autorités du ministère de la Justice ont reçu en janvier une augmentation de leur traitement de plus de 25%, atteignant 20 fois le salire minimum garanti. Cela les situe dans le 1% des mieux payés du pays. (C'est cela l'égalité ou équité que défend la présidente?)
- Le prix des tomates a augmenté de 44,75% en un an, ce qui a fait baisser les ventes de 30%. Une des raisons serait le manque d'eau dans le grand nord (Arica) et les pluies d'avril dans la région étropolitaine.
- Saison de ski: un ticket pour la journée a un coût qui fluctue entre 36.000 et 48.000 CLP (54 à 72 €).

24 - Des suites de la nouvelle loi sur l'étiquetage des aliments, 31% des acheteurs déclarent avoir changé de marque alors que 53% continuent à acheter les mêmes produits. 16% disent que les étiquettes ne leur font ni chaud ni froid.
- Le gérent général du port d'Arica, où 80% de la charge est bolivienne (2,5 millions de tonnes/an), a rejeté les accusations du ministre bolivien qui l'a visité la semaine passée. Il se considère un "associé stratégique" de la Bolvie et assure que c'est l'administration portuaire bolivienne qui augmente les tarifs locaux (par exemple 31,17$ par container de 40 pieds, que l'administration bolivienne augmente à 146,17$), et les prix locaux sont inféreurs aux autres ports de la région. Le port a aussi réalisé des séminaires et cours pour les chauffeurs boliviens, qui ont permis d'améliorer de 90% le temps de permanence dans le port, ce qui a été reconnu par la Chambre de Transport de Bolivie. Quant aux fumigations, elles ne se réalisent que si un container de produits agropécuaires est ouvert pour transférer sa charge, d'accord avec les règlements chiliens, ce qui est sû des exportateurs-importateurs (et seulement 30% le font). Les conditions d'emmagasinage, quand il y a lieu, sont aussi accordées avec les propriétaires et il n'y a jamais eu de réclamation, au contraire de ce qu'a affirmé le ministre.
- Les argentins et brésiliens ont augmenté le tourisme d'achats, multipliant par quatre leurs achats durant les 10 dernières années. Ce qui les intéresse le plus, ce sont les produits technologiques et les vêtements (surtout de marques premium et fast fashion comme Zara, Forever 21 et H&M). Un même "panier" de produits, qui coûte 410$ à Buenos-Aires, coûte à Santiago 210$ et un argentin qui dépensait ici 146$ en 2001, dépense maintenant 447$, les brésiliens passant de 94$ à 412$ en moyenne. Pour cela, les grands centres comerciaux leur offrent des cartes de ristourne et demandent que soit instaurée la remise de la TVA.
- Une nouvelle loi oblige, depuis mai, à donner un pourboire "d'au moins" 10% dans les restaurants, bars, etc. lorqu'on est servi par un garçon, et tout ce qu'il reçoit lui est exclusif. Les serveurs peuvent, avec les pourboires, jusque tripler leur salaire de base. Le reste du personnel (maître, cuisiniers) réclament car, auparavent, il était fait une bourse commune et 40% des pourboires leur étaient réservés (ce qu'ils perdent maintenant). Des locaux de vente d'aliments préparés à emporter ont aussi commencé à réclamer le pourboire, ce qui n'est pas régulier et provoque les réclamations des acheteurs.
- Des professeurs de l'Université Catholique de Santiago ont préparé un livre sur 200 ans de vie économique du pays. Au XIX° Siècle, les services représentèrent 60% du PIB (et ne sont que 25% actuellement). La pire crise a été celle de la grande dépression de 1929, où le pays aurait été le plus affecté de la planète. Mais le moment le plus "noir" de l'économie locale fut celui de l'Unité Populaire (Allende): hyperinflation et PIB de -14%.
- Le Pérou se propose de réformer les pensions, copiant le modèle des fonds de pensions chilien (épargne individuelle)... Alors qu'ici, beaucoup veulent les supprimer: dans la plupart des villes du pays ont eu lieu des manifestations contre les fonds de pension (environ 90.000 personnes dans la capitale). Le ministre des Finances a rapidement réagi, avertissant que le gouvernement n'a pas de ressources disponibles pour apporter aux pensions. Tout qui comprend un peu d'économie sait que les supprimer serait un désastre. Mais les arguments émotifs, populistes et idéologiques ont plus de force que la raison. Certains en sont arrivés à affirmer que l'épargne obligatoire c'est "voler aux pauvres pour donner aux riches"! (Les fonds de pension ont été une grande source d'investissements dans les industries locales.) Tout le monde reconnait que les pensions actuelles sont dans bien des cas misérables, mais c'est la conséquence d'une épargne insuffisante, le concept d'épargne étant très peu valorisé dans le pays. Le chilien moyen préfère toujours obtenir "plus aujourd'hui". Il y a un refrain commun qui l'explique bien: "Ce qui a été mangé et dansé, personne ne peut l'enlever"!

25 - Carnaval d'hiver a Punta Arenas: 1.500 personnes, dont une femme de 89 ans, se sont baignées avec cinq degrés sous zéro dans le détroit de Magellan.
- En dix ans, les ventes de vêtements de sport ont augmenté de 50%, arrivant à 1.200 millions de dollars.
- Le parti socialiste a remis au gouvernement une proposition "pro-croissance" (pour impulser l'économie) basée sur des investissements en infrastructure (vía concessions) et a appelé a reconstituer l'alliance publique-privée pour les investissements et l'innovation. (Bien des choses qui étaient considérées des "horreurs" il y a quelques mois).
- En 2015, l'Espagne a investi un peu plus de 2.000 millions de dollars ici. C'est le pays latinoamérician qui compte avec le plus d'investissements espagnols.
- Le pays se convertira cette année en principal producteur mondial de prunes déshydratées, déplaçant la Californie, qui a eu cette année de grands problèmes climatiques pour produire.
- Un bref séisme de magnitude 4,8 Richter a secoué Santiago et ses environs ce matin, sans conséquences. Un autre, de magnitude 6,1 R a secoué la zone d'Antofagasta plus tard dans la matinée (sans dégâts non plus, sauf des produits tombés des étagères des supermarchés).
- Un des leaders de la CAM (une des deux organisations violentes d'Araucanie), condamné pour port d'armes, a été arrêté à son propre domicile après un an d'avoir échappé de la justice. La police avait détecté quatre maisons où il se réfugiait.
- Des bandits ont tenté de voler un distributeur de billets avec une rétroexcavatrice. Ils ont pu l'arracher, mais il en est ensuite tombé et ils n'ont pu le mettre dans le camion qui attendait, s'enfuyant sans rien.

26 - La productrice d'électricité d'origine solaire (photoélectrique) Espejo de Tarapaca a trouvé une solution originale pour en produire de nuit: avec l'excès produit de jour, elle pompe de l'eau de mer dans un barrage, où elle peut la produire par écoulement de l'eau.
- Le pays a environ 70 espèces d'une orquidée dont une, la "Chloraea disoides", propre de la côte de Valparaiso, de laquelle il n'existe pas plus de 50 exemplaires dans le monde, et elle a la très rare caractéristique d'avoir une "langue" noire. L'Université Catholique de Valparaiso en possède des semences qu'elle tentera de faire germiner, afin de la multiplier. (Photo)
- Hier soir s'est terminée la période d'inscription de candidats à conseillers communaux (échevins) et 12.000 noms ont été inscrits, pour 346 communes.
- En 10 ans, l'inscription d'élèves dans les universités privées a augmenté de 43%, pour seulement 5% dans celles de l'Etat. En pourcentage de population, la quantité d'étudiants universitaires chiliens est supérieure à la moyenne de l'OCDE.

28 - La bourse locale a atteint hier son meilleur niveau depuis 3 ans. Elle arrive ainsi à être la 5° avec meilleure rentabilité du monde.
- Les ventes ont encore diminué en juin dans la capitale, principalement dans le secteur des meubles et produits du marché (fruits et légumes).

29 - Une nouvelle église protestante a été incendiée en Araucanie. C'est le 15° temple cette année.
- Les évêques et pasteurs protestants se mettent d'accord pour une stratégie de postulations au Parlement (l'an prochain), pour défendre leurs valeurs contre celles du gouvernement actuel.
- Lorsqu'un prisonnier, poignardé à la prison, est arrivé à l'hôpital, on a trouvé dans son corps des chips téléphoniques (SIM), une lime et un clé de menottes!
- 124 cétacés se sont échoués sur les pages d'une île de la région d'Aysen. On tâche d'en découvrir la raison.
- Le trafic aérien intérieur a augmenté de 9,3% au premier semestre, arrivant à 10 millions de voyages.
- Selon le ministre de l'Intérieur "le pays n'est pas en crise". Mais l'ex-président Lagos (socialiste) a déclaré que le pays vit en ce moment sa pire crise politique et institutionnelle, parce que "les institutions perdent leur légitimité" par la méfiance des citoyens, des suites de toutes les irrégularités. "Je ne sais pas si le pays supportera encore un an et demi de cette façon". "Il faut une nouvelle grande rencontre nationale" (au-dessus des divisions entre droite et gauche).
- Un garçon de 12 ans, conduisant un camion volé (!) et tentant d'échapper de la police qui le suivait, a renversé des échoppes d'un marché, tuant une personne et en blessant 4 autres, jusqu'à ce que la police l'arrêta, le blessant à coups de feu. Il y a une semaine, il avait braqué un commerce de pizzas, tirant un coup de feu en l'air. (Il était chaque fois accompagné d'un autre jeune homme de 20 ans, aussi arrêté maintenant.)

29 - Les ventes de sucre de la principale productrice sont tombées de 20% au premier semestre. Elle en attribue la raison au nouvel étiquettage des aliments "Hauts en sucre" et l'augmentation des taxes sur les boissons sucrées, qui ont produit un changement d'habitudes des consommateurs.

30 - Cette année, des 15.000 vagabonds qui vivent dans les rues du pays, 32 ont perdu la vie et au moins 9 à cause du froid hivernal; d'autres pour cause de maladie non traitée ou faim, malgré les près de 60 millions d'euros que le budget national leur destine.
- 90 gardiens de prison seront remerciés pour cause d'excès de congés-maladie, en application du règlement qui exige une santé compatible avec le service.
- En 2010, on a découvert dans une vallée de la côte centrale les restes d'un animal qui vient d'être identifié comme éléphant préhistorique, qui vécut ici il y a 12.000 ans.
- 62% des médecins qui ont obtenu leur titre à l'étranger ont réprouvé l'examen de validation (qui devrait vérifier l'équivalence avec la formation dans le pays). Beaucoup travaillaient dans le secteur public (qui manque de médecins nationaux), ce qui leur sera interdit à partir de l'an prochain.
- La création d'emploi "pour compte propre" a augmenté de 6% ce dernier trimestre, compensant l'augmentation du chômage.
- Les hôtels de 4 et 5 étoiles ont dû baisser leurs prix, faute de clients.
- Les rentrées fiscales par voie de la TVA ont augmenté de 0,7% au premier semestre, le chiffre le plus bas depuis 2009. Le total a été de 10.000 millions de dollars.
- Les chiliens dépensent en moyenne 620 dollars par an en achats par internet, ce qu'ont fait 4,5 millions des 13 millions de personnes qui ont accès à internet. Les achats sont surtout de billets de voyages aériens et paquets touristiques. 25.000 transactions se font chaque jour par internet dans le pays (pas nécessairement des achats). En 2015, 20.527 nouveaux sites web ont été inscrits dans le pays, et cette année les nouveaux sont déjà 20.577.

Extra: La droite sans projet (Extraits)
Opinion de Pedro Gandolfo (Journal El Merc urio, 30/07/2016)
Dans le meilleur des cas, ce que propose la droite c'est une modification ou rectification: nous allons corriger ce que Bachelet a mal fait; ce sera difficile et lent, mais nous promettons de reprendre le sentier du progrès, récupérer le temps perdu dans cettte folle fièvre refondationnelle et connat de révolution. C'est le message qui résonne non sans une ancienne arrogance.
Ce projet -qui pourrait s'appeler de restauration- est très pauvre et révèle un vide de contenu déplorable. La droite ne sait pas quoi faire avec le pouvoir politique sauf offrir une rénovation de la technocratie économique.
Le malaise social, entretemps, apparu durant le gouvernement Piñera et même avant, n'a pas disparu et les protestaions massives contre l'actuel système de pensions sont un symptôme palpitant.
Il y a un nouvel horizon qu'il faut projetter, un paysage futur qu'il faut proposer et qu'il est urgent de penser, et cela signifie qu'il est important de reconnaître que les carences qui perturbent la vie colective ne se réduisent pas finalement à l'économie.
Si la droite politique ne se réarticule pas autour d'un discours qui mette les fins dans l'ordre correct, qui subordine l'économie à la politique, l'action à la pensée, mieux serait qu'elle continue comme une modeste opposition.

Droits, gratuité et politique (Extrait)
Opinion de Jorge Correa (30/07/2016)
La stratégie de convertir les consignes de la rue en lois [comme dans le cas de la "gratuité universelle" de l'éducation, à tous ses niveaux, réclamé dans les rues par les étudiants et assumée par Bachelet"] est le signal le plus clair de la crise politique. Si elle s'origine dans le manque de confiance dans les institutions, elle se transforme en décadence quand quelques autorités tentent de récupérer leur prestige perdu en renonçant à la fonction qui leur correspond: transformer les demandes des citoyens en politiques efficientes. La politique de la consigne ne sert pas à augmenter la jouissance des droits et est une mauvaise stratégie pour récupérer la légitimité perdue. Pour sortir de la crise politique il n'est pas suffisant d'éviter qu'elle ne soit capturée par l'argent ou les groupes de pression. Il faut, de plus, que son discours abandonne les témoignages verbaux et parie pour rendre compte de résultats.

14/07/2016

Juillet (a)

1er juillet - Selon l'OMS, le Chili est le pays latinoaméricain où l'on consomme le plus d'alcohol (9,6 litres par personne et par an) et près de la moitié des buveurs terminent soûls.
- Le taux de chômage national est arrivé à 6,8% (9,4% à Santiago) pour le trimestre mars-mai, selon l'enquête de l'Université du Chili.
- La sensation d'augmentation de la délinquance est à son niveau le plus haut depuis qu'on le mesure, en 2008, et sera sûrement un thème fondamental dans les prochaines campagnes électorales.
- Actuellement, 75% des chiliens considèrent que le pays doit avoir une nouvelle Constitution, mais 50% désirent que ce soit par une modification de l'actuelle et non partant de zéro.

2 - L'OCDE a publié les résultats de son "programme d'évaluation internationale des compétence des adultes" (PIAAC), qui montre la terrible situation du Chili: 53,4% des adultes est au niveau inférieur ou "à peine fonctionnel" en matière de compréhension de lecture (en clair: la moitié ne comprennent pas ce qu'ils lisent) et 61,9% est au niveau inférieur en compétences mathématiques (ils savent à peine compter)! C'est pire que pour la Turquie et sous la moité des capacités des israéliens. Rien dans les projets de réforme éducative ne tient compte de cette situation.
- 90% des pensionnés reçoivent une pension inférieure à 150.000 CLP(170 €), n'ayant pas accumulé assez de fonds (chômage et habitude de demander au patron de ne payer la sécurité que pour un traitement inférieur).
- Un camion, deux bulldozers incendiés et le guarde blessé est le résultat d'une nouvelle attaque en Araucanie, pour la deuxième fois à la même centrale hydraulique en construction et malgré la protection (réduite et évitée) de la police.
- Depuis hier, qui achète à un commerçant ambulant -dans les grandes villes- pourra être "gratifié" d'une amende de jusqu'à 137.000 CLP (175 €) par les inspecteurs communaux. Dans certains secteurs, les ambulants sont si nombreux que les piétons ont difficile à circuler. Seule la police uniformée peut arrêter ces commerçants et leur retirer les marchandises, et le juge communal peut aussi leur imposer une amende (mais la police manque d'effectifs pour cela et, quand un policier apparait, il est vu de loin et les marchandises disparaissent rapidement). Dans le cas des acheteurs, des inspecteurs en civil peuvent leur passer l'amende.
- Les alertes pour smog continuent à Santiago et la ville d'Aysén est déjà deux mois en situation critique. Quatre autres villes ont aussi une haute contamination atmosphérique, qui se maintient surtout à cause du manque de pluie.
- Les entreprises sanitaires sont si en retard avec la rénovation de leurs réseaux qu'au rythme actuel il faudrait 250 ans pour changer les réseaux d'eau potable et 648 ans pour les égoûts, ce qui explique les fréquentes ruptures de matrices.

3 - Les deux principaux ports du pays, Valparaiso et San Antonio, s'agrandiront pour pouvoir recevoir plus de navires porte-containers en 2017 ou 2018. Actuellement, ils ne peuvent recevoir chacun qu'un navire "post-panamax", comme ceux qui peuvent maintenant passer par les nouvelles écluses du canal de Panama. San Antonio pourra recevoir trois de ces bateaux avec l'extension en construction et Valparaiso deux. Il y a un projet de "méga-port", mais le gouvernement ne décide toujours pas où l'installer.
- L'opposition recourt de nouveau au Tribunal Constitutionnel contre le projet de loi de réforme laborale (syndicale) présenté par le gouvernement après le verdict de ce tribunal qui déclarait inconstitutionnelle la restriction du droit de négocier aux seuls syndicats. Dans le nouveau projet cet article a été supprimé mais aussi le droit des entreprises de négocier des adaptations des contrats de travail, et aussi les quorums minimum de participants, ce qui -selon la droite- est à nouveau contraire aux droits de tous.
- La Confédération d'Etudiants universitaires a invité à un défilé aujourd'hui à Santiago. Elle continue, depuis des semaines, à se manifester (régulièrement avec des défilés à Santiago et avec grève dans plusieurs universités) non seulement avec des réclamations au sujet de l'équipement et l'infrastruture de divers sièges, mais répétant la demande pour la "gratuité universelle" des études et l'élimination de l'épreuve nationale d'entrée. Le mouvement est dirigé par l'extrême gauche depuis des années (et plus de la moitié des étudiants ne participent pas aux élections de leur directive). Les défilés se terminent toujours avec des bagarres de jeunes masqués avec la police et, souvent, de mise à sac de commerces du parcours.
- La police arrête de plus en plus souvent des jeunes de 16 ans ou même moins pour vol avec violence. Une bande était même dirigée par un adolescent de 13 ans. Avec moins de 14 ans, selon la loi, ils sont simplement remis à leurs parents après quelques heures (et retournent à leur "activité", parfois même encouragés par leurs parents, eux-même délinquants). Ce sont aussi les plus violents et plusieurs portent des armes et les utilisent très facilement. (Une femme a été tuée il y a peu par un adolescent qui lui volait sa voiture, après qu'elle en était descendue sans se résister.) Le gouvernement a promis de mettre en marche un plan de prévention copié du "Positive Parenting Program" d'Australie, pour développer un meilleur contrôle parental.
- Le Chili a gagné le prix de "meilleure destination de tourisme d'aventure" aux World Travel Awards 2016.
- A partir de 2017, les nouvelles constructions devront compter avec un isolement thermique certifié. De plus, dans 26 communes il y aura un programme de subsides pour l'amélioration de l'isolement pour 200.000 logements (afin de réduire les frais de chauffage et la contamination qu'il génère).
- Deux (des cinq) opérateurs des bus de transports en commun de Santiago sont en situation compliquée à cause de leurs dettes, malgré que l'Etat a subsidié les cinq pour 5.907 millions de dollars depuis 2007. Ils réclament pour le manque d'infrastructure (couloirs de déplacement séparés, pour aller plus vite), mais le gouvernement assure y avoir investi 270,7 millions de dollars entre 2014 et 2016. Mais cinq axes sont encore à l'état de projet (de neuf prévus pour la période 2011-2015) et là, sans le couloir, la vitesse moyenne des bus baisse de 20kmh à seulement 9kmh, ce qui réduit la rotation et la quantité de passagers qui peuvent être transportés (et desquelles dépendent les subsides). Un autre grand problème est la resquille (28%), la plus haute du monde.
- L'ex-ministre des Finances du premier gouvernement Bachelet, aujourd'hui opposant et en voie de formar un parti politique indépendant de centre, critique que "les partis agissent plus aujourd'hui pour la galerie que pour l'intérêt du pays; il y a propension à des geste populistes, de parlementaires qui cherchent à être fameux pour quinze minutes". "Juste quand l'emploi se débilite et le chômage augmente, le projet de loi laborale prétend éliminer les facilités d'adaptation qui permettraient aux femmes et étudiants de travailler part-time."
- La nouvelle loi de contrôle des aliments (qui a introduit les sceaux de "Haut en graisse", "Haut en sucre" et "Haut en sel") interdit aussi la vente d'aliments avec ces sceaux dans les écoles (où il y a des quiosques qui vendent des "colations" pour la récréation du matin). Résultat: il y a maintenant un marché noir de douceurs, aux mains des écoliers à "vocation commerciale".
- Vu le mécontentement des électeurs pour les partis politiques traditionnels, cette année 16 nouveaux partis ont officialisé leur création et 9 de plus sont en voie de formation. Des 16, 10 sont de gauche, 3 de centre et 3 de centre-droite. Aux élection parlementaires de l'an prochain, il pourrait ainsi y avoir plus de 30 partis.
- L'ex-président Piñera a publié (en ce qui semble une plateforme pour son éventuel retour) ce qu'il considère les plus grandes urgences pour le futur du pays: 1. Incorporer la révolution technologique; 2. Y ajuster les emplois; 3. Améliorer la sécurité interne; 4. Ajuster l'éducation à la situation de l'"ère de la connaissance"; 5. Innovation et création d'entreprises, avec investissements en science et technologie; 6. Projetter des villes intelligentes; 7. Améliorer les conditions pour le troisième âge; 8. Améliorer l'attention pour les maladies chroniques et la médecine préventive; 9. Faire face au changement climatique. "Il faut récupérer le climat de dialogue. Il faut un grand projet national d'unité et de futur, ambitieux mais factible ..."

4 - La présidente Bachelet a annoncé hier soir par chaîne de télévision l'envoi au Parlement de son projet de loi de réforme de l'éducation supérieure, dont les composants ont été discutés depuis des mois avec les recteurs et des dirigents des étudiants... mais personne n'est content du projet et les discussions se prolongeront au parlement. Les universités privées sont particulièrement mécontentes car leur financement serait diminué et le contrôle de l'Etat, depuis l'admission jusqu'à la définition des titres et grades académiques, les critères des curriculums, les qualifications (et le minerval à celles qui recevraient des subsides). Alors que le programme du gouvernement avait annoncé la gratuité "universelle", vu la situation économique du pays (et les rentrées du fisc), la loi ne l'assurerait que pour 50% des étudiants (et au plus 60% à la fin de sa période). La gratuité pour tous coûterait 3.508 millions de dollars.
- Le gouvernement a qualifié de "stratégie de démolition" le programme de l'ex-président Piñera publié hier. La gauche assure aussi que le chômage est en augmentation depuis 2011, ç.à d. durant le gouvernement Piñera, alors que celui-çi a créé un million de nouveaux emplois.

5 - Une nouvelle maison a été incendiée en Araucanie, son propriétaire -qui était à l'intérieur- devant s'échapper par une fenêtre. Son véhicule a aussi été brûlé.
- Un groupe de 30 vendeurs ambulants a attaqué deux inspecteurs communaux qui les contrôlaient dans la ville de Concepcion. Dans la commune centrale de Santiago, alors que 500 commerçants ambulants ont été comptés, seulement 5 ont reçu una amende l'an passé. La bourgmestre y a annoncé le relancement des contrôles. La commune voisine, où est la gare centrale, qui en pâtit aussi gravement, fera de même.
- La confiance des entreprises dans l'économie locale continue à baisser et est à son pire niveau en 7 ans (et 27 mois en négatif).
- Le Chili est le 62° pays du monde en vitesse d'accès à internet (avec une moyenne de 7,5Mbps, cependant supérieure à la moyenne mondiale), bien que celle-çi ait augmenté de 15% cette année. Mais il est le 3° d'Amérique Latine. La vitesse la plus haute s'obtient en Corée du Sud (29Mbps), et en Suisse pour l'Europe (18,7Mbps).
- Il y a eu 158 détenus au cours de défilés non autorisés d'étudiants à Santiago et quelques autres villes. 20 ont été arrêtés lorsqu'ils tentaient d'entrer par la force au Ministère de l'Education.

6 - La police a demandé d'éviter les "actions d'autodéfense" en Araucanie, alors qu'elle est incapable de protéger les agriculteurs, églises et entreprises forrestières. Alos, ils doivent se laisser faire? Les associations de la région, bien sûr, ne sont pas d'accord.
- Le projet de réforme de l'enseignement supérieur ayant été reçu au Parlement, la gauche demande que les universités de l'Etat en soient "la colonne vertébrale" et prévoit que les discussions pourraient être longues et même ne pas arriver à terme avant les élections présidentielles de l'an prochain. Selon le projet, les universités devraient avoir 4 niveaux de minerval pour une même carrière, selon la "vulnérabilité" des étudiants. L'Etat couvrirait la moitié "plus vulnérable".
- Dans le pays, 33 supermarchés ont été fermés depuis le début de l'annnée, à cause de la délinquance.
- L'approbation de la présidente Bachelet continue à baisser: 22% en juin (24% en mai). Entre les gens qui se déclarent "de centre", l'approbation est tombée de 32 à 20%. La cause semble en être le changement de ministre de l'Intérieur: alors que l'antérieur freinait les excès, le nouveau est obséquieux avec la présidente et les idées extrêmes de son programme. Avec cela, l'idée revient de ce que "les gens ne comprennent pas les réformes et il faut mieux les expliquer". (Nous sommes tous des idiots?)

7 - Selon la revue spécialisée Times Higher Education, 11 universités chiliennes sont entre les 50 meilleures d'Amérique Latine. L'Université Catholique de Santiago est 3° et l'Université du Chili 4° de la région. Aucune des universités de la région ne se trouve dans les "top 200" au niveau mondial.
- Des entreprises mexicaines auront investi ici 3.300 millions de dollars dans les 3 dernières années si une des chaînes de grands magasins est achetée par eux (leur offre étant de 1.225 millions).
- Les exportations de viande de poulets ont augmenté de 20% cette année, atteignant 167 millions de dollars. Les exportations totales, au premier semestre, ont atteint 29.755 millions de dollars, le niveau le plus bas depuis 7 ans.
- Sur l'invitation de l'évêque de Temuco (Araucanie), et avec la participation de plusieurs ministres et divers représentants de la zone (tous choisis par la présidente Bachelet), a été formée une nouvelle commission pour étudier la situation et proposer des mesures qui puissent mener à une solution. Elle devrait travailler pendant six mois. L'association des victimes n'a pas été invitée et, bien sûr, les groupes insurgents n'étaient pas présents, ce qui jette des doutes sur les résultats possibles. Un bourgmestre local, invité, a refusé de participer, considérant que l'évêque "n'est pas un interlocuteur valide" et que seules des autorités politiques devraient intervenir, malgré quoi il a créé une commission paralèle, avec des représentants de communautés mapouches. Un des deux sénateurs de la zone (pas invité) a aussi objecté que "les problèmes ne se résolvent pas avec de bonnes intentions en prenant le thé".

8 - L'ex-commandant en chef de l'armée, J.E.Cheyre, qui fut le premier commandant en chef a reconnaître les violations des droits humains commises sous Pinochet et avait fait tout son possible pour réunir toute l'information de son institution sur la répression et demandé pardon au pays en 2003 au nom de l'Armée, a été arrêté et incarcéré, avec 8 autres ex-militaires, accusé de "complicité d'homicide" pour avoir possiblement connu des fusillements réalisés dans le régiment oû il était lieutenant en 1973. Il avait été nommé commandant en chef par le président Lagos en 2002, après révision de ses antécédents et carrière, qui avait conclu qu'il n'avait rien eu à voir avec de attentats contre les droits humains. La "chasse aux sorcières" continue, sans tenir compte des règlements de discipline militaire, assimilant la connaissance des faits avec la complicité et considérant que seule l'insubordination exhimerait de responsabilité (mais, comme avait été décrété l'état de guerre interne, l'insubordonné aurait inmédiatement aussi été fusillé). L'avocat défenseur de Cheyre a signalé que le général (R) a été l'objet "d'une persécution politique infame" depuis deux ans et qu'il croyait à l'intervention de faux témoins. Ce qui semble bizarre, c'est que rien n'est dit du pouvoir judiciaire de l'époque de Pinochet, qui avait rejetté toutes les demandes d'habeas corpus et autres dénonciations contre des militaires. (Voir lettre publique à la fin des "EXTRAS".)
- Nouvelle alerte et restrictions en raison du smog à Santiago.
- Le Ministère des Travaux a activé un plan de concessions de travaux publics pour 2.200 millions de dollars, qui partirait l'an prochain, afin d'obtenir des investissements et créer des emplois.
- Les villes d'Arica et Iquique souffrent d'une forte tempête de sable, avec des vents de plus de 100kmh à Iquique. Calama (dans le désert d'Atacama) souffre de pluies qui, en un jour, équivalèrent à ce qui y tombe normalement en un an (alors que le sud, normalement pluvieux, continue à souffrir de sécheresse).
- Un scandale est apparu à la direction de la Gendarmerie (les gardiens de prison), où il a été découvert que des traitements des plus hauts grades (ou les grades eux-même) étaient augmentés les deux derniers mois avant de prendre leur pension, celle-çi étant déterminée en fonction du traitement du dernier mois (leur régime de pension étant différent du reste de la population en raison des "risques de leur travail"). Ainsi, une sous-directrice (appartenant au Parti Socialiste, qui prêche "l'équité" et où elle sera passée devant le tribunal du parti) a obtenu une pension de plus de 5 millions de CLP (6.500 €), alors que, selon la loi, aucun fonctionnaire public ne pourrait recevoir plus de 1,5 millions (1.960 €). La Cour des Comptes a bloqué 5 cas, les déclarant illégaux, et le Ministère de Justice (dont ils dépendent) a ordonné une auditorie. Un ex-directeur de Gendarmerie a expliqué que la norme d'augmentation de la pension avait été déterminée il y a 25 ans pour les gardes (grades inférieurs) qui risquaient leur vie face à des délinquants dangereux, mais que, par la suite, cela avait été aussi appliqué à des chefs sans risque opératif. L'opposition a réclamé la démission de la ministre de Justice (mais elle a reçu l'appui des partis au pouvoir).

9 - Le gouvernement s'est mis d'accord avec le Mouvement Homosexuel - qui avait réclamé devant la Cour Interaméricaine de Droits Humains - pour promouvoir en 2017 une loi qui autoriserait le "mariage égalitaire" (entre personnes du même sexe) et même l'adoption. Il y a déjà une loi qui leur permet l'union civile, mais sans le nom de mariage.
- Le métro de Santiago a inauguré le pilotage automatique de ses trains, sur la ligne n°1 (très saturée), avec un investissement de 103 millions de dollars (coût de l'installation requise de 500 antennes et 130km de fibre optique). Cela permettra de réduire de 20 secondes l'intervale entre les trains, augmentant de 8% les 46.000 passagers de sa capacité par heure. Le même système sera installé dans les nouvelles lignes 3 et 6, en construction.
- L'espérance moyenne de vie est maintenant ici de 79,7 ans. Et on estime que les frais de santé des seniors augmentent de 17% par an. D'eux, il y a 43% d'hommes et 57% de femmes; 50% sont mariés (22% veufs); 71,9% n'ont pas complété l'enseignement secondaire. 65% des seniors qui sont chefs de foyer ont une pension inférieure à 250.000 CLP (327€) et 33% la moitié ou moins de ce montant.

10 - Une étude de l'Institut d'Etudes Urbaines de l'Université Catholique de Santiago démontre la "haute ségrégation inmobilière" de la capitale. Non seulement les communes du haut (est) de la ville (secteur "plus accomodé") ont jusqu'à 20 fois plus de zones vertes que les autres, mais y vivre exige aussi une capacité de payement (pour l'achat d'une résidence, même avec hypothèque) que seulement 1,7% des habitants possède. Ils sont ainsi les seuls qui peuvent vraiment décider librement où vivre et d'accéder ainsi aux meilleures conditions générales de vie. (C'est aussi dans ces secteurs que se trouvent la plupart des meilleures cliniques privées.) Seulement 40,5% des familles sont en condition d'obtenir un prêt hypothéquaire pour acheter une résidence, mais ne pourraient choisir que dans 20% de la ville où c'est plus économique. (Sur le plan joint, les zones jaune et orange sont les plus économiques; les bleu-foncé et gris sont les plus chères).
- La dette publique des Chemins de Fer est passée de 130 millions de dollars à 1.800 millions en un peu plus de 20 ans, mais le système a été récupéré et modernisé, transportant actuellement 25,3 millions de passagers, sur 2.200 km, et 10% de la charge transportée dans le pays. Les plans pour les "trains de proximité" aux alentours de Santiago et Valparaiso, sont cependant en retard de réalisation, excepté la modernisation de la ligne Santiago-Rancagua (qui passe par San Bernardo), la situation économique du pays exigeant une révision de ces plans. La droite accuse le gouvernement et le président de l'entreprise (qu'on vient de remplacer) de "négligence totale".
- Onze militaires chiliens iront en Colombie pour y participer à la mission de paix de l'ONU, pour la démobilization de la guerrille FARC.
- La trafic de drogue à la frontière nord est de plus en plus créatif: on l'a détectée dans le centre de cachuètes, oignons et autres végetaux et fruits, dans des (apparentes) pierres, meubles, jouets et, sous forme liquide, mêlée avec des boissons.
- Les langoustes de l'île Juan Fernandez (Robinson Crusoé) ont maintenant leur certification internationale d'origine, ce qui en triple le prix. Il y a 263 pêcheurs, qui capturent entre 100 et 125.000 unités par an. 80% sont exportées en France et Chine.
- Le parking de l'aéroport de Santiago est colapsé (souvent il n'y a plus où stationner), malgré qu'il peut coûter jusqu'à 23.000 CLP (30€) pour y rester une journée (ce que tendent à faire ceux qui font de brefs voyages à l'intérieur du pays). Pour deux jours, c'est plus que le prix du billet d'avion, mais moins que l'aller-retour de chez soi à l'aéroport en taxi (ce qui explique la préférence). Le Ministère des Travaux "cherche une solution" transitoire, jusqu'à ce que soient disponibles (en 2020) les nouveaux emplacements du nouvel aéroport dont va commencer la construction.
- Les conseillers de la présidente Bachelet ont fixé les objectifs de ses apparitions et discours prochains: souligner les "réalisations concrètes" de son gouvernement, pour qu'elle puisse "passer à l'histoire comme une estadiste qui a impulsé des réformes significatives".

11 - Quatorze parlementaires se sont réunis avec la présidente Bachelet pour discuter la situation de l'Araucanie et réclamer la fin de l'impunité. Ils demandent aussi des indemnisations pour les victimes. (Aucune réponse officielle pour l'instant.)
- Selon une enquête, deux tiers des travailleurs ne sont pas d'accord avec la réforme laborale (syndicale) que prétend réaliser le gouvernement. Ils voient que les principaux bénéficiaires seraient les dirigeants syndicaux, et seulement 1% croit pouvoir en retirer un bénéfice personnel.
- AB Inbev aurait de l'intérêt pour acquérir Naïf Drinks, une fabrique chilienne d'eau à base de fleurs.
12 - Le fisc souffre d'une baisse drastique de revenus à cause de la baisse du prix et des exportations de cuivre: ce sont 98% de moins dans ce secteur, en comparaison avec l'an passé, ce qui mène à un déficit fiscal général projeté de 3,2% du PIB et 1,4% à niveau structurel cette année. L'expansion espérée du PIB qui avait été estimée de 2,75% lors de la discussion du budget l'an passé, a été maintenant rabaissée à 1,75% par le ministère des Finances.
- Hier a été promulguée la nouvelle loi de transmission électrique, qui augmenterait la concurrence dans ce secteur et ferait baisser les prix. Elle facilitera l'envoi sur le réseau général de l'électricité produite par les nouvelles technologies solaires et éoliennes, actuellement limitée. Il y aura une meilleure coordination. Cette loi est considérée la plus importante du secteur depuis 1982.

12 - Le ministre des Affaires Etrangères a présenté aujourd'hui à la Cour Internationale de Justice de La Haye le mémoire de réponse du pays à la réclamation de la Bolivie qui prétend obliger à discuter d'un "accès souverain" au Pacifique. La Bolivie pourra y répondre et après, de nouveau le Chili, avant que les juges ne se prononcent. (Voir dans les "Extras" les origines du conflit. Vidéo officiel de 6 minutes à cette adresse)
- Des vents de 50kmh et plus se font sentir sur les côtes de la zone centrale (avec des vagues de 7 mètres à Valparaiso) et du nord, et de fortes pluies sont enfin arrivées dans le centre-sud.
- Le paracétamol est le médicament le plus vendu ici. L'Institut de Santé Publique a averti contre le danger d'un emploi en excès surtout des anti-inflammatoires et anti-migraines (beaucoup sont de vente libre et grandes ventes).

14 - Autre scandale à la gendarmerie: une centaine de gardes auraient eu une quantité excesive de congés-maladie (un même pour plus de 3 ans). Il y a enquête de la fiscalie.

Extras

Le Christ de nouveau crucifié (Extraits)
Joaquin Fermandois (El Mercurio, 5/7/2016)
(A propos de la destruction d'un grand crucifix par des manifestants masqués, le mois passé)
Cela n'était jamais arrivé ici, ni dans les pires moments de la polarisation entre cléricaux et anticléricaux, aux XIX° Siècle. Ni durant les querelles idéologiques du XX° Siècle. Maintenant, on fait la concurrence avec l'Etat Islamique en salvagisme pour éliminer le christianisme.
La tiédeur des réactions dans le secteur officiel et la gauche appelle l'attention. Entre indifférence, allégresse dissimulée et désamour, surtout avec un manque de reconnaissance du rôle qu'à jouée l'Eglise il y a quelques décades (la protection des persécutés par Pinochet) et qui était encensée alors. Maintenant, on l'injure et la soumet à dérision.
Une chose est de la blesser avec des caricatures comme celles de Charlie Hebdo ou tant de commentaires ignorants dans notre télévision. Cela semble inévitable. Un recours à l'hystérie fondamentaliste comme réponse détruirait notre civilisation. Mais détruire un crucifix comme provocation n'est pas un simple geste adolescent. C'est une espèce de nihilisme actif, un acte mécanique d'expansion physique dans une sorte d'extase pseudo-religieuse comme on voit parfois dans l'adoration de stars du sport ou de rock. Mais ce qui semble beaucoup plus grave, c'est l'indifférence ou insensbilité non seulement de la gauche mais de toute une partie gravitante de la société chilienne.
Le croyant s'en évanouit sûrement. Le non-croyant qui apprécie les créations de la civilisation humaine a aussi des raisons de préoccupation. Sans le respect pour des symboles liés à l'absolu vont s'envoler en fumée d'autres aspects de la vie civilisée. A la fin, il ne restera que la lutte entre les plus forts.

La nouvelle politique [et les lois imaginatives] (Extraits)
Carlos Peña, Recteur Université Diego Portales (El Mercurio, 10/7/2016)
La réforme de l'enseignement supérieur a apporté une nouvelle façon de faire de la politique. La présidente Bachelet l'a exercée: "Nous voulons qu'il soit établi par une loi de non-retour que le Chili a conqui un droit permanent qui sera progressivement mis en oeuvre".
Quand il a été découvert que la gratuité pour tous [dans l'enseignement supérieur] ne serait pas possible parce que les ressources ne suffisaient pas, plutôt que de l'admettre, on a inventé une formule remarquable et ingénieuse qui permettrait d'éviter de reconnaître l'échec et permetrait plutôt de dire que la promesse a été accomplie, qu'il y aurait un droit permanent à la gratuité. Quel est cet engin remarquable, cet esprit, cette invention qui, désormais, va orner l'activité politique, soulageant le travail mal compris de ceux qui dirigent l'État? C'est relativement simple: conférer un droit (dans ce cas, la gratuité), énumérant les conditions de fait (la croissance du PIB, inimaginable) qui, si elles existaient permettraient cet exercice. C'est ce que fait ce projet de loi. Il donne le droit permanent à la gratuité dans un Chili qui n'existe pas, mais qui pourraient exister.
Ainsi ont surgi, dans cette époque sans utopies, les lois contrefactuelles. Ces lois sont relativement simples (et il est surprenant, par conséquent, qu'ont ne les aie découvertes que récemment). Elles consistent à concéder quelque chose sans réserve, mais sous la condition d'une réalité actuellement inexistante.
Ces lois permettent de satisfaire tous les désirs, même les plus improbables, presque sans effort et juste avec la volonté indomptable de l'imagination.
Parmi les nombreux avantages des lois contrefactuelles, il est de permettre de supprimer l'écart inconfortable entre un programme et son accomplissement: le respect du programme est sa simple répétition, mais cette fois dans la loi. Ainsi, si le programme a promis la gratuité universelle, la loi le réalise en réitérant cette même promesse.
Lumineux et réalisateur (de cinéma)!

Santiago et ses plans de décontamination (Extraits)
Chaque année, 5.000 tonnes de particules s'accumulent dans l'atmosphère de Santiago. La situation géographique est le principal problème, insalvable: la ville dans le fond d'une vallée entourée de montagnes et souffre la plus grande partie du temps d'une couche d'inversion thermique entre 100 et 200 mètres d'altitude, qui empêche le smog de monter plus haut et esquiver les montagnes (sauf en été, où cette couche monte à 600 ou 800 mètres).
La ville a été déclarée "zone saturée de particules" déjà en 1996 et trois plans de décontamination ont été établis entre 1997 et 2010. Le dernier, actuellement en vigueur, se proposait de réduire la contamination de particules de 10 microns (MP 10), laquelle a baissé efectivement, mais pas au niveau espéré. On a aussi commencé à mesurer les particules de 2,5 microns (MP 2,5), qui sont les plus dangereuses por la santé (car elles se fixent dans les poumons) et on déclare déjà les restrictions aux transports et industries en fonction de leur quantité. On calcule que, depuis 1986, la proportion de ces particules a baissé de 69 microgrammes par mètre-cube (ug/m3) à 23,5 ug/m3. Mais on est encore loin de sortir de la situation de zone saturée selon les paramètres internationaux.
Un nouveau plan prétend assurer la diminution d'ici 2026, mais cela semble illusoire, car les améliorations qu'il y a eu ont été "mangées" par la croissance de la ville (de 5,8 millions d'habitants en 1997 à 7,1 millions actuellement, et de 865.000 véhicules à 1,9 millions). Il y a aussi des distorsions dans les calculs d'émissions et contrôles comme, par exemple, qu'une boulangerie (qui émet peu) doit fermer et une grande entreprise n'est pas affectée par la paralysation parce qu'elle a des technologies de filtration, alors qu'elle émet au total bien plus qu'une boulangerie. Et les poëlles au bois, généralement cités et aussi obligés à être éteints, ne sont que pour 7% dans la ville (le reste dans la campagne environante, non saturée).
Sur la guerre du XIX° Siècle avec la Bolivie
(El Mercurio, 10/07/2016)
Les arguments avancés dans le contremémoire [présenté par le Chili en réponse à la réclamation bolivienne devant la CIJ] approfondit l'histoire des frontières entre les deux pays et les raisons qui ont déclenché la guerre du Pacifique au XIXe siècle. Le document rend compte, par exemple, que le Chili fut le premier intéressé à établir les limites avec La Paz, par décret de 1842 qui avait fixé la frontière au parallèle 23, ce qui fut contesté par la Bolivie un an plus tard.
Les deux pays ont signé leur premier traité de limites le 10 Août 1866, à Santiago, où a été établi une ligne de démarcation au parallèle 24 et que les parties se répartiraient moitié-moitié les impôts d'exportation du guano découvert et non découvert entre les parallèles 23 et 24, l'intérêt principal des deux gouvernements dans la région.
La réponse chilienne explique que la Bolivie n'a jamais respecté complètement cet accord, ce qui a provoqué de fortes tensions diplomatiques. Ainsi, pour éviter les conflits, la présidence [chilienne] a été disposée à négocier un nouveau traité sur la frontière en 1874, dans laquelle elle renonçait à ses droits au nord du 24e parallèle contre un engagement explicite de La Paz de ne pas augmenter les impôts existants à toute l'industrie et capitaux chiliens pour une période de 25 ans.
Ce traitement fut violé par le gouvernement de Hilarion Daza en 1878, lorsqu'a été imposée une taxe de dix cents par quintal de nitrate exporté par la Société du Salitre et Chemin de Fer d'Antofagasta, de capital chilien. Celle-çi, refusant de payer, fut mise en vente aux enchères par le gouvernement bolivien. Ce fait est, selon les sources, la clé de l'argument historique du Chili, car il montre que la guerre du Pacifique s'origine dans une violation d'un traité par la Bolivie, qui n'a pas non plus répondu aux réclamations diplomatiques demandant de suspendre la hausse des impôts ou d'accorder une nouvelle solution.
    Note complémentaire
Le traité final de 1904 a otorgué à la Bolivie le libre accès à deux ports du nord, pour ses activités commerciales par le Pacifique. Mais, après la 2° Guerre Mondiale, a surgi un mouvement réclamant une souveraineté pour cet accès et ont eu lieu, à plusieurs reprises, des conversations binationales dans ce sens, mais sans résultats. Depuis que le président Morales est au pouvoir, il a toujours réclamé un droit supposé dans ce sens et a même modifié la Constitution y incluant le droit "imprescriptible" d'accès à la mer. C'est ce qui l'a poussé à commencer un procès à la CIJ.

La présence et la complicité
(Lettre publique de María Alicia Ruiz-Tagle sur le rôle des militaires sous Pinochet)
De par mon profond respect pour les familles des victimes qui ont passé plus de 40 ans en attente de justice, comme cela est arrivé avec ma famille, je ne veux pas entrer à commenter si le général Cheyre serait ou non coupable des faits qui lui sont reprochés, malgré mon opinion personnelle. Je me réfère uniquement à la question de savoir si la présence et la connaissance des faits par un jeune militaire, assujetti à la verticalité farouche du commandement en temps de guerre, peuvent être considérés comme de la complicité.
Quelques jours après l'assassinat de mon frère Eugenio aux mains des membres de la "Caravane de la Mort" à Antofagasta, alors que mes parents étaient logés à l'Hôtel Antofagasta, ils ont reçu un appel étrange la nuit; c'était le barman de l'hôtel, qui leur demandait de bien vouloir descendre pour voir ce qui se passait.
Il y avait un groupe de jeunes garçons, tous de la Force Aérienne, qui essayaient de se saoûler jusqu'à perdre conscience, pour étourdir l'horreur de tout ce qu'ils avaient vécu, si loin de ce que, jusqu'à ce moment, ils rêvaient lorsqu'ils décidèrent de s'enrôler dans les forces armées. Quand s'identifiairent mes parents, il y eut une véritable catharsis où, déchirés, ils ont dit les choses les plus terribles qu'ils virent faire à mon frère et, désinhibés par l'alcool, demandèrent pardon et pleurèrent devant l'impuissance de sentir qu'ils ne pouvaient rien faire s'ils ne voulaient pas être fusillés immédiatement à leur tour.
Dans une serviette en papier du bar de l'hôtel, ils ont noté les noms de cinq de ces monstres sadiques qui ont torturé, tué, rit et profité de leur pouvoir, l'un de la Force Aérienne et d'autres qui sont venus avec la Caravane. Cette serviette en papier, produit du conte amer de ces véritables enfants victimes des circonstances, fut importante pour mes parents. Les données ont été ensuite corroborées avec le général Joaquin Lagos -un homme bien qui a tenté d'empêcher les massacres, ce qui lui a coûté sa carrière- et d'autres témoins crédibles. Cela leur a donné le réconfort de savoir que, malgré tous les paravents lancés par Arellano [le général qui commandait la "Caravane de la Mort"] et l'armée de l'époque, ils ne faisaient pas l'erreur d'accuser des innocents, sans doute les plus faibles de la chaîne, mais les vrais coupables. Nous remercions cela à ces jeunes officiers, qui ont fait ainsi beaucoup pour moi et constituent la preuve que la présence et la connaissance peuvent être aux antipodes de la complicité.
Malheureusement, il n'y eut pas de justice alors pour ces hommes cruels, puissants et impitoyables, et ils n'ont été condamnés que quand ils furent déjà fragiles, malades ou personnes âgées atteintes de démence, et dignes de compassion chrétienne. Allons-nous aller maintenant poursuivre ceux qui ont été le maillon le plus faible en ce moment fatidique?
Beaucoup ont souffert de l'absence de justice pour ceux qui ont été exécutés injustement et sans charges. C'est pour cette raison que nous ne pouvons pas faire la même erreur aujourd'hui et publiquement lyncher quelqu'un avant que la justice puisse se former une opinion bien fondée et énergique de ce qui est réellement arrivé.
Que Dieu nous aide à ne pas échouer dans cette entreprise.