30/09/2020

Septembre (b)

 

Santé 
- Au 29/09, au total: 461.300 contagiés depuis le début, 13.781 contagiés actifs actuels, 12.725 décédés. 93% des contagiés se sont récupérés. On est arrivé à 100.000 tests de PCR par million d'habitants et plus de 3 millions de tests PCR ont été faits depuis le début. Le taux de résultats positifs est en moyenne de 5,8%, mais avec des communes à taux beaucoup plus haut, dans l'extrême nord et l'extrême sud, ce qui les oblige à maintenir le confinement. (Le ministère informe 3 fois par semaine: photo jointe). En 7 mois, 6.300 personnes ont été arrêtées parce qu'elles circulaient en sachant qu'elle avaient le covid-19 et devaient maintenir la quarantaine.
- Il n'y a plus que 2 communes de la périférie de Santiago (3% des habitants) en confinement total, mais assez peu respecté selon le maire de l'une d'elles. (Puente-Alto est enfin passé à la 1ère étape de déconfinement - liberté de circuler du lundi au vendredi et ouverture des commerces - après 167 jours!). Mais les restrictions pour les seniors de plus de 75 ans se maintiennent.
- Selon l'analyse internationale Lancet Covid-19, le Chili est entre les pays où la transmission du virus a été "haute" en août (avec 95,1 cas par jour, par million d'habitants), seulement dépassé par 11 pays de 91 considérés. Il y a eu 13,7 tests par nouveau cas, ce qui est considéré très bas (511 en moyenne dans les pays "exemplaires"), bien que des meilleurs latinoaméricains.
Statistiques dynamiques ici: https://www.biobiochile.cl/mapacoronavirus/
- En un week-end, il y a eu plus de 1.000 arrestations pour participer à des fêtes clandestines.
- Fête nationale (18 et 19/09): Il était interdit de se déplacer à une 2e résidence mais les postes de contrôle furent mis en place le 17, alors que beaucoup d'automobilistes partirent avant. 14.000 véhicules ont été obligés de retourner chez eux suite aux contrôles routiers. Ceux (700) qui, malgré tout, ont été surpris en 2e résidence devront payer une amende entre 10 et 50 millions de CLP (12.000 à 60.000 €). Les facilités pour se réunir (entre 5 et 10 visitants reçus l'un de ces jours) dans les communes en déconfinement ont fait creindre une recrudescence de la contagion, ce qui s'est effectivement produit (plus de 2.000 nouveaux cas par jour au lieu d'une moyenne de 1.500).
- Après cette fête, les cultes religieux ont été autorisés dans les communes qui ont commencé le déconfinement: maximum 10 personnes en lieux fermés en 1ère étape, puis 25 personnes, puis 50 puis 100, selon l'étape d'avancement, et le double de personnes si c'est à l'air libre; toujours avec distance sociale de min. 1,2 à1,5 mètre et masques.
- Les conseils d'experts ont poussé le ministère de la Santé a augmenter les exigences pour passer d'une étape à l'autre des 4 de déconfinement, réduisant -par exemple- le nombre de nouveaux contagiés possibles.
- Les haïtiens ne sont pas habitués à respecter des normes et on en a vu (et pénalisés) beaucoup sans masques et même jouant au football devant de nombreux conationaux.
- Le président Piñera a annoncé l'alliance du pays avec Covax, instance qui réunit 170 pays pour la distribution de vaccins. Elle assurerait 8 millions de vaccins pour le Chili. En janvier pourrait arriver le vaccin de Pfizer et l'on pourrait aussi recevoir le vaccin russe Afivavir et le chinois Sinovac.
- Depuis janvier, plus de 5.000 étrangers sont entrés illégalement dans le nord du pays, la plupart de vénézuéliens qui fuient les conditions horribles de leur pays, ce qui complique la situation sanitaire d'Arica et Iquique. Les résidents chiliens protestent.

Politique et administration
- La propagande en télévision en vue du referendum a commencé (tant en faveur de l'approbation comme du refus de la mise en place d'une assemblée constituente). 60% des chiliens disent ne pas la regarder.
- On parle déjà de possible candidats à la présidence du pays, pour l'élection dans un an. Deux candidats de droite et un communiste sont cités par les enquêtés.
- La parade militaire pour la fête nationale ne s'est pas réalisée à cause de la pandémie. C'est seulement la 3e suspension de toute son histoire. (La précédente fut lors du coup d'état de 1973.)

Economie
- Le président Piñera a annoncé un plan de subsides à l'engagement de main d'oeuvre, qui devrait permettre d'occuper un million de travailleurs. Les subsides de "protection de l'emploi" et d'urgence pour les familles moins nanties ont aussi été prorogés de 2 mois.
- Il a aussi annoncé le projet de budget pour 2021, qui sera de 9,5% supérieur à celui de cette année, se montant à 73.000 millions de dollars, avec un déficit structural du PIB de 4,7%, la dette publique brute atteignant 36,4% du PIB. Il y aura une attention spéciale pour la réactivation économique et l'emploi, en plus de l'achat de vaccins.
- L'État a dépensé jusqu'à présent une moyenne de 87.600 CLP (97€) par personne en raison de la pandémie.

Sécurité et justice
 - Araucanie: Nouveaux incendies de maisons en campagne, d'un mini-bus et d'un internat, et attaques à coups de feu à la police.
Cinq communautés ont annoncé qu'elles commenceraient "des actions effectives de récupération de leurs terres ancestrales".
- La police civile a arrêté une bande de narcotrafiquants, saisissant 590 kg de drogue.
- Un conducteur qui a offert 50.000 CLP à un carabinier pour ne pas être contrôlé a été arrêté pour ce délit; de même une femme, qui a offert 40.000 CLP. Très rares sont les policiers "de rue" corrompus. Lamentablement, il n'en a pas été de même au niveau des plus hauts gradés du secteur administratif (qui ont empoché des millions)!
- Plus de 280.000 personnes ont été imputés de délits contre la santé publique depuis mars.
- En région métropolitaine, les vols ont augmenté de plus de 30% depuis mars, en particulier +17% de vols de biens de première nécessité.
- A la côte se sont aussi multipliés les dévalisements de 2e résidences (on y va jusqu'à en retirer portes et fenêtres), profitant de l'interdiction pour les propriétaires de les visiter régulièrement.
- Les occupations illégales de terrains se sont multipliées, le plus souvent pour y construire des maisons préfabriquées et les mettre en location, et aussi des 2e résidences à la côte.

Transports et Communications
- Toutes les stations du métro sont enfin ouvertes, après les réparations rendues nécesssaires par les destructions de l'explosion sociale d'octobre passé.

Science et environnement
- Depuis l'interdiction des sacs en plastique dans le commerce (à partir de 2018 dans les supermarchés et mi-2019 ailleurs), 5.000 millions de ces sacs ont été évités. Cela a doublé l'emploi de sacs en papier d'un seul usage, qui ne sont pas très bons non plus pour l'environnement.
- Mouvements sismiques de 5,4 R dans les rédions de Coquimbo et Atacama.
- Un chercheur chilien, de renom mondial dans le domaine de l'étude de l'Alzheimer, a découvert que certains aliments permettent d'en retarder le développement: le Shilajit andin, le curcuma et le romarin, ainsi que les fruits rouges et les raisins, les oignons, l'ail, le gingembre et les pommes, car ils ralentissent le processus de vieillissement cellulaire.
- Le gouvernement a refusé de signer l'Accord d'Escazu, le premier traité latinoaméricain sur l'environnement, qu'il avait proposé en 2018. L'objectif en est de faciliter l'acces à l'information publique y promouvoir la participation des citoyens aux polítiques sur l'environnement. Le gouvernement considère que la rédaction finale est ambigüe et contraire à la législation nationale, ce qui pourrait mener à des réclamations internationales contre le pays. Le traité a déjà été ratifié par 9 pays et il en faut 11.
- Selon le ministre d'Énergie, d'ici 2050, le Chili pourrait exporter autant d'hydrogène "vert" (produit par de l'énergie renouvelable) que de cuivre.
- L'Antartique chilien a eu l'hiver le plus chaud des 30 dernières années.

Religion
- Fête nationale: Le Te Deum oecuménique habituel s'est réalisé à l'air libre, avec pas plus de 50 assistants, pour raisons sanitaires. 

EXTRA: L'avantage futur du processus constituant (Extraits)
(Radio Cooperativa, 26/9/2020)
Claudio Fuentes, professeur de sciences politiques de l'Université Diego Portales, a analysé trois des principaux sujets de débat qui ont marqué le temps précédent le plébiscite: la participation des citoyens au processus, le contenu d'une éventuelle nouvelle Charte et le coût de sa réalisation.
Concernant la première question, la convocation, Fuentes a déclaré qu'"une forte participation aidera beaucoup à créer un environnement politique et social pour légitimer le processus. Il y a une discussion substantielle sur la légitimité sociale. Je pense que si vont voter 20% la Convention ne partirait pas très bien, tandis que si plus de 50%, 60% ou 70% votaient, la légitimité sociale qu'elle acquiert, l'importance que les acteurs politiques lui donneront du fait que les gens participent, ce sera beaucoup plus haut."
Concernant le contenu de la nouvelle Constitution, Fuentes a déclaré que "l'équilibre des pouvoirs" influencera la constitution. «Si vous accompagnez cela de la règle des 2/3 [pour l'approbation], ce à quoi vous devez vous attendre, c'est une constitution qui n'est pas si maximaliste, pleine de droits». De même, "cela dépendra beaucoup de la pression sociale: si les acteurs citoyens sont actifs dans certaines questions clés, un mouvement de la Constitution vers les droits sociaux, plus d'Etat, etc. pourrait être généré. Cela dépendra du degré d'activation sociale".
Enfin, un troisième élément qui devrait influencer la rédaction, selon Fuentes, est "la tradition juridico-constitutionnelle chilienne": "Je ne vois pas de Constitution venant de la Lune. Je vois beaucoup de continuité, pas la même que celle de 1980, mais bien du point de vue de la réflexion juridique qui existe et qui est très vaste dans le cas chilien".

Les coûts de la désunion latino-américaine: perte de prestige et non-pertinence internationale (Extraits)
(Deutsche Welle, 17/9/2020)
Avec l'élection de Mauricio Claver-Carone samedi dernier en tant que premier président de la Banque Interaméricaine de Développement (BID) qui ne vient pas d'un pays d'Amérique latine et des Caraïbes, une nouvelle étape a été franchie dans la désorganisation des gouvernements latino-américains. Il n'a pas été possible de parvenir à une candidature consensuelle: le Brésil, la Colombie, l'Uruguay, le Paraguay et l'Équateur se sont alliés au candidat de Washington. Mais la division latino-américaine s'est également manifestée dans les quelques exemples d'intégration régionale qui continuent à fonctionner à ce jour: l'Argentine a eu un vote différent au Mercosur par rapport à ses trois partenaires; dans l'Alliance du Pacifique, le Chili et le Mexique ont demandé le report de l'élection. Une fois de plus, l’absence d’un minimum de leadership de la part du Brésil et du Mexique pour unifier les positions et rechercher un consensus est devenue évidente. Il y a un vide sensible d'intérêt pour parvenir à une voix commune dans les affaires hémisphériques, ainsi que dans le monde.
Aujourd'hui, l'Amérique latine est idéologiquement fragmentée, une situation connue du passé, qui n'a jamais entravé le désir de chercher à concilier les intérêts de la politique internationale. La région reste non seulement à l'écart; pire, son option d'être considérée comme un acteur international pertinent est en jeu. Le Brésil et le Mexique ont choisi de se retirer pour des raisons idéologiques de la politique internationale, chaque pays cherchant sa propre chance pour sortir de la pandémie. Les deux nations renoncent une fois encore à leur vocation temporaire de solidarité régionale, également politique. Cela vaut également pour les grands enjeux internationaux tels que le changement climatique: le Mexique a abandonné la question et a opté pour la reprimarisation de sa politique énergétique; le Brésil s'enfonce dans sa politique obstinée et en même temps désastreuse de l'Amazonie. Les autres pays évoluent dans leurs conjonctures nationales, entre crises budgétaires, contraction économique et décomposition sociale. Pour le moment, ni leadership ni initiatives ne sont en vue pour relancer des formats viables de coopération, de consultation et d'intégration pour combler ce fossé croissant entre les discours nationaux et nationalistes et la responsabilité régionale / mondiale.
Les gouvernements de la région semblent disposés à assumer la tâche d'affaiblir les organes régionaux de réputation internationale reconnue, qui ont été un exemple pour d'autres régions du monde, motivés par un désir extrême de souveraineté. C'est ainsi que les actions du système interaméricain [relatif aux droits humains] sont interprétées comme une «intervention» d'agents extérieurs dans les systèmes judiciaires nationaux. Il ne fait aucun doute que les arrêts et recommandations de la Cour et de la Commission [des DD.HH.] sont inconfortables et se réfèrent à des questions politiquement sensibles, mais au cours des décennies précédentes, ils avaient été considérés comme un correctif opportun et même sain pour le développement d'un contrôle régional en matière de droits humains.
Les chefs de gouvernement de l'Argentine, du Brésil, du Chili, de la Colombie et du Paraguay ont exprimé leurs réserves quant à une restriction de la compétence nationale. Ils ont exigé que la souveraineté nationale et la discrétion des États soient préservées et que le système interaméricain joue un rôle purement subsidiaire. D'autres États comme la Bolivie et l'Équateur, sous leurs présidents de gauche, ont envisagé de se retirer du système interaméricain des droits de l'homme. Le Vénézuela l'a déjà fait.
Les référents régionaux de l'UE en Amérique latine ont été démantelés d'une certaine manière. Cependant, l'Europe reste le plus gros investisseur en Amérique latine et un partenaire commercial important. En même temps, il y a des questions sur lesquelles des coïncidences pourraient être recherchées concernant le traitement de la Chine, l'autonomie stratégique, etc., ce qui exigerait un nouveau climat de débat interrégional. 

14/09/2020

Septembre (a)

 

Santé
- A ce jour (14/09), au total: 434.748 contagiés depuis le début, 16.473 contagiés actifs actuels dont 40% sans symptômes, 11.949 décédés avec PCR confirmé. 93% des contagiés se sont récupérés. On est arrivé à 100.000 tests de PCR par million d'habitants et le taux de résultats positifs est tombé en moyenne à 4,5%, mais avec des communes à taux beaucoup plus haut, ce qui les oblige à maintenir le confinement. De nouvelles communes commencent ou avancent en déconfinement (presque tout Santiago), mais d'autres ont dû revenir en arrière à cause de l'augmentation du taux de contagion (comme Concepcion et Punta Arenas). Dans les communes de Santiago qui passent à la 2e étape de déconfinement (de 4 étapes) les restaurants peuvent ouvrir avec des tables à l'extérieur.
Statistiques dynamiques ici: https://www.biobiochile.cl/mapacoronavirus/
- 66% des chiliens ne se fient toujours pas de l'actuation du gouvernement contre la pandémie.
- Pour la fête nationale (18 et 19 septembre) on permettra un de ces jours, dans les zones sans confinement total obligatoire, les réunions familiales de 5 personnes (en visite) à l'intérieur et 10 personnes à l'extérieur, pour 6 heures maximum. Sortir de sa propre ville ne sera pas permis. Mais le couvre-feu commencera à 21h au lieu de 23h.

Politique et administration
- Lors de l'inauguration du 8° Congrès Pays Numérique, le président Piñera a annoncé son plan de "transformation numérique" du pays: identité numérique pour tous les citoyens, fin du papier dans l'administration, etc.
- Le parlement a enfin fini l'étude et l'approbation -après plus de 2 ans- de la loi qui crée le Service de Protection de l'Enfance, qui remplacera ancien Service National de Mineurs (où il y avait eu de nombreux abus) et sépare les mineurs à protéger (orphelins et autres) des mineurs délinquants (qui dépendront d'un autre service).
-Les vendredis se sont de nouveau réunies quelques dizaines de personnes à la place d'Italie de Santiago, reprenant les protestations sociales de la fin de l'année passée, enfreignant les restrictions sanitaires. Elles ont été dispersées par la police.
- Le nombre de candidats pour devenir policiers-carabiniers a baissé de 71% en relation à 2019, ce qu'on attribue à l'effet "explosion sociale" de l'an passé.

Economie
- Le retrait de 10% des fonds de pension qui a été autorisé a favorisé les ventes. Les achats d'appareils de télévision semblaient de l'époque de la Noël; les "CyberDays" de septembre (de ristournes pour achats par internet) ont eu un grand succès (le double de 2019).
- Le président Piñera a promulgué la loi de "portabilité financière" qui facilite de "mouvoir les produits bancaires" d'une entité à une autre, tant pour les clients comme pour les banques elles-même, car le mécanisme sera standardisé et simplifié.
- Le Chili est en tête de la liste d'économies les plus innovatrices d'Amérique Latine selon l'Indice Mondial d'Innovation de l'Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle, mais est le n°54 a niveau mondial.
- Dans le système bancaire, 34.100 nouveaux comptes ont été ouverts cette année, dont 25.500 de la banque Santander, qui a permis d'ouvrir un nouveau type de compte sans garantie d'emploi et offre une carte de débit Mastercard sans commission; le coût d'administration du compte est de seulement 2.300 CLP (2,7 €). Santander du Chili est ainsi le leader en comptes courants de la banque privée, avec 1.141.000 comptes. 75% de ces nouveaux comptes ont été ouverts simplement au moyen de son application pour téléphones cellulaires.
- 312.000 personnes ont retrouvé de l'emploi ce dernier mois, compensant en partie les 400.000 employés du commerce qui avaient perdu leur travail.
- Un tiers des foyers chiliens aurait perdu toutes ses rentrées à cause de la pandémie.

Sécurité et justice
- Araucanie: Nouvelle attaque à coups de feu à la police et incendies de maisons en campagne, l'un suivi même d'un assassinat (semaine "la plus violente de l'année"). En 5 ans, on a compté 772 attentats. Trois mapouches munis d'armes à feu, de gilets anti-balles et radios portatives ont été arrêtés et sont en prison préventive.
Un conseil de lonkos (chefs) et machis (guérisseuses) mapouches s'est réuni avec le président Piñera et des autorités du parlement et du pouvoir judiciaire un vue de chercher "un nouveau pacte avec l'Etat". D'autres lonkos ne sont pas d'accord et ont déclaré "qu'il n'y a pas de garanties" pour un dialogue. Une équipe ministérielle se rend chaque mardi dans la zone pour continuer le dialogue et "relancer" le Plan de Développement et Paix accordé en 2018 avec tous les secteurs. Mais les prisonniers mapouches en grève de la faim "attendent toujours une réponse du gouvernement qui les satisfasse".
Les entreprises forrestières ont réclamé pour les concessions faites aux camionneurs (pour terminer leur grève) marquant que "le conflit n'est pas encore terminé" pour elles.
- Une cyberataque a obligé la Banque de l'Etat à suspendre ses opérations et fermer ses succursales pendant plus d'une journée ou de n'y permettre que les dépots, le software d'opération des succursales ayant été "séquestré" (encrypté) par des pirates. Elle a assuré que le patrimoine des clients n'a pas été touché.
- La Contralorie (Cour des comptes, qui vérifie aussi la légalité des actes de l'exécutif) a accusé 7 gnéraux des carabiniers de "possible responsabilité administrative" pour les procédés appliqués lors de l'explosion sociale d'octobre passé, où de nombreux civils ont été blessés. Leur réponse sera évaluée avant la proposition de mesures administratives. Le général-directeur a fait remarquer que les généraux ont un rol et une responsabilité stratégique mais non opérative.
- La police civile a trouvé et saisi un dépot de 50 armes, dont des fusils de haute puissance et des munitions. Il y a 3 détenus.
- 11 septembre: aniversaire du coup-d'état: incidents violents (manifestations, barricades et ataques à la police qui allait les disperser) dans plusieurs communes.

Transports et Communications
- La grève de camionneurs a continué, déçus des offres du gouvernement mais s'est terminée après 7 jours. Ils ont même fait une fête avec des femmes en "petite tenue" sur une route. Des produits ont commencé à manquer dans des supermarchés du sud. Les ordures n'ont pas été retirées pendant plusieurs jours à Temuco, les camions ne pouvant passer. Les boulangers ont averti d'une possible hausse du pain à cause des chargement de blé bloqués au port de San Antonio. Les camionneurs ont finalement obtenu un appui économique aux victimes et plus d'investissements pour la police (afin d'améliorer le contrôle sur les routes). La gauche parlementaire s'est proposée d'accuser formellement le ministre de l'Intérieur de ne pas avoir appliqué la loi qui châtie le blocage des routes (si c'est approuvé par la majorité, il perdrait son poste), ce qui n'a pas avancé, et le gouvernement a demandé au parlement d'accélérer l'étude des nouvelles lois relatives à la violence.
- Un canal de télévision "exclusif pour seniors" vient d'être créé.
- Le métro a rouvert 3 autres stations, fermées pour réparations depuis octobre passé.

Education
- L'obligation de l'éducation primaire a maintenant 100 ans ici.
- 58% des parents désirent que les professeurs continuent à faire classe par internet; seulement 4% désirent le retour aux écoles. 77% des professeurs souffrent de stress.

Science et environnement
- Un séisme de 7R a eu lieu dans la région d'Atacama, entre Copiapó y Vallenar, avec près de 90 répliques de moindre magnitude. Une semaine plus tard, un autre, de 6,3R a eu lieu un peu plus au nord (Tocopilla). Ils ont causé des éboulements sur plusieurs routes, des chutes de marchandises dans les magasins, des filtrations d'eau... mais rien de beaucoup plus grave.
- La Contralorie (Cour des comptes, qui vérifie aussi la légalité des actes de l'exécutif) a bloqué l'accord entre le minitère de l'Économie, l'université A.Ibañez et la firme Amazon pour créer la Fondation Data Observatory destinée à "amasser et traiter les données générées par des institutions publiques et privées" (spécialement les données astronomiques des grands observatoires et les données climatiques) pour les mettre à disposition des secteurs de l'éducation, de l'économie "et autres", ayant trouvé dans le décret de création "une série d'anomalies administratives", en particulier que rien ne signalait comment serait garanti que le service privé (Amazon) ne commercialisera pas ces données. Elle critique aussi la participation de cette université, car elle n'a pas de carrière d'astronomie (principales données qui seraient traitées) et qu'un privé participe sans passer par un concours d'offres. Le ministère a répondu qu'il y eut concours en 2019, qu'il y eut 3 réponses et que seuls remplissaient les conditions Amazon et l'université signalée. Il répondra à la Contralorie et espère l'approbation finale, car 2 décrets antérieurs à ce sujet furent approuvés auparavent.

Religion
- L'Université Catholique de Santiago a présenté le rapport final de sa "Commission pour l'Analyse de la Crise de l'Église Catholique" formée en 2018 pour déterminer la nature, l'extension et les conséquences de l'abus sexuel de mineurs d'âge de la part de prêtres catholiques qui exercèrent leur ministère au Chili, et aussi examiner les déficiences qu'a présenté la réponse institutionnelle de l'Église Catholique chilienne. L'étude estime que 3,7% des prêtres du pays a commis ce type d'abus. L'écrit signale aussi que près de 90% de la population croit que l'Eglise a protégé les abuseurs; la confiance et la participation aux rites ont baissé, le catholicisme n'est plus majoritaire dans le pays (une baisse, en 20 ans, de 34% de ceux qui se déclarent catholiques, restant entre 45 et 48%) et la confiance est tombée de 58% en 2006 à 15% en 2018 et de 81% à 35% chez les croyants observants. 82% des chiliens croient que la foi peut être bien vécue sans appartenir à une église. L'assistance à la messe (jamais très régulière ici) est tombée de 19% à 9% ces 10 dernières années. Bien qu'aussi conséquence de changements culturels et démographiques, les baptêmes ont diminué de 31%, les premières communions et mariages de 50%. 35% des parents catholiques ne considèrent plus important que leurs enfants partagent leur croyance. Malgré tout, le prestige de l'enseignement catholique et de ses oeuvres sociales s'est maintenu. Voir résumé en "Extra", à continuation.

EXTRA: Rapport final de la "Commission pour l'Analyse de la Crise de l'Église Catholique" (Extraits)
(UC, 4/9/2020)
L'Université Catholique de Santiago a présenté le rapport final de la "Commission pour l'Analyse de la Crise de l'Église Catholique" formée en 2018 pour "déterminer la nature et l'extension de l'abus sexual de personnes mineures d'âge de la part de prêtres catholiques qui ejercèrent leur ministère au Chili, et aussi examiner les déficiences qu'a présenté la réponse institutionnelle qu'a offert l'Église Catholique chilienne à ces abus et le dommage et impact qu'a provoqué cette crise dans les víctimes, dans les communautés ecclésiales et dans la société chilenne en général".
Dans la présentation du mémoire - qui compte 81 pages - le recteur de l'UC, Ignacio Sánchez, a déclaré que "les abus sexuels contre des mineurs sont des crimes qui affectent le groupe le plus innocent, vulnérable et aimé d'une société: ses enfants et jeunes. Ces crimes sont scandaleux, surtout quand (...) ils sont de la responsabilité de des prêtres qui, par l'exercice de leur ministère, maltraitent des enfants innocents."
Le recteur Sánchez a souligné que "dans les causes et les facteurs de conditionnement existant Chili, il faut inclure le classisme et l'élitisme de notre société, ce qui tendrait à la formation de relations hiérarchiques entre les personnes". "Le cléricalisme marqué en Amérique latine serait à la base de ces relations asymétrique et pyramidales." Les aspects ci-dessus sont ajoutés plusieurs fois à une mauvaise gestion des affaires et, selon les termes du Pape François, à la création d'une culture de camouflage "qui les a arrêtés, les a ralentis et qui a causé tant de dégâts aux victimes, aux croyants et à la société".
Eduardo Valenzuela, doyen de la Faculté des sciences sociales de l'UC et Président de la Commission, a ajouté que "Dans le sacerdoce ministériel catholique, se concentrent des attentes de témoignage et exemple moral qui appartiennent à la nature de sa mission. La gravité des abus sacerdotaux est redoublé par le fait que les abus étaient, généralement, engagés dans un milieu ecclésial, dans le cadre d'un lien de confiance motivée par la religion entre la victime et le délinquant, et parfois en utilisant les ressources offertes par la religion elle-même". Il a souligné qu'il est nécessaire de reconnaître et de faire face aux abus sexuels de mineurs comme un crime inexcusable, et envisager diverses formes de pression psychologique et spirituelle exercée dans un contexte pastoral qui doit être objet d'attention et de reproche. Il a également indiqué qu'il faut protéger le témoignage et les plaintes des victimes en offrant les ressources nécessaires pour obtenir des conseils juridiques et l'assistance thérapeutique, parmi de nombreuses autres leçons et recommandations.
L'écrit signale aussi que près de 90% de la population croit que l'Eglise a protégé les abuseurs, la confiance et la participation aux rites ont baissé, et "la perception de ce que les prêtres ne retiennent pas la capacité de pardonner les péchés" a augmenté de 72%.
Conclusion: Des environnements de confiance et de conformité excessifs créent des opportunités de perpétrer et de dissimuler des abus. Parallèlement, les contacts fréquents avec les mineurs dans le contexte ecclésial doivent faire l'objet d'une régulation, d'une observation et d'une évaluation. Les changements urgents proposés par la commission: reconnaître et gestionner l'abus sexuel comme un délit inexcusable, protéger les témoignages et dénonces des victimes, et établir une collaboration sincère et étroite avec les tribunaux civils.
(Le document complet est disponible sur Internet (en espagnol).