16/12/2013

Décembre (a)

Photo de la quinzaine:
Eglise de la Merci









4 décembre - Le Chili a le même niveau de corruption que la France, selon Transparency International. C'est, après l'Uruguay, le pays d'Amérique Latine en meilleure condition.
- L'appui à la gestion du président Piñera est monté à 43%, son meilleur niveau depuis décembre 2010 (où il fut de 47%, mais avait baissé depuis). La désapprobation est cependant de 50%. Le gouvernement obtient 71 % d'appui en relations internationales, 60 % en emploi et 52 % en économie, mais seulement 23% en éducation et 11% en sécurité (vs délinquence).

5 - 85,8% des étudiants/écoliers chiliens ont un ordinateur chez eux (vs. 72,2% en moyenne en Amérique Latine et 93,2% dans l'OCDE). 76,3% ont accès à internet (65,7% en AL et 93,4% dans l'OCDE).
- La NASA a révélé des photos des effets du changement climatique, entre lesquelles celles de la réduction de glaciers dans la Patagonie chilienne.
Glaciers patagons

7 - Depuis août 2012, le gouvernement a ajouté 300 nouvelles démarches que l'on peut faire maintenant par internet, soit 70% de plus, et 200.000 ont été faites de cette façon.

8 - La campagne electorale pour le ballotage a continué cette semaine de façon totalement insipide. Bachelet continue a offrir "les changements dont le pays a besoin", sans préciser le résultat, et des choses que tout le monde veut, comme une éducation de qualité, de meilleures pensions, etc., sans préciser comment. Matthei se concentre sur l'invitation à aller voter et qu'il lui est encore posible de gagner. Aucune ne se concentre sur ce qui est en jeu: deux modèles différents de pays. Seulement dans quelques journaux on peut trouver plus de détails (plus précis dans le cas de Matthei), mais peu de gens les lisent. A la radio, Bachelet parle beaucoup pour ne rien dire, alors que Matthei est beaucoup plus précise et détaillée.

15 - Bollotage: Bachelet a gagné avec 62% contre Matthei, qui a eu 38% des voix émises, mais avec 58% d'abstention. Les politiciens parlent de nouveau de rendre le vote obligatoire au lieu d'admettre qu'ils ne sont pas capables de motiver la population. Bachelet a réitéré qu'elle fera tout son possible pour instaurer une nouvelles Constitution "qui garantisse que la voix de la majorité ne soit plus jamais tue par une minorité" (ainsi disparaîtraient des restrictions qui exigent plus que la moitié des voix au Parlement pour faire des réformes de fond, et la coalition de centre-gauche pourrait toujours imposer ses vues). Il faudra voir comment la nouvelle présidente arrivera a concilier des conceptions aussi différentes que celles des démocrates-chrétiens et des communistes.
EXTRA
Chili: Le pays où "Qui pense perd"

Commentaire de Gerardo Varela (Traduit du journal "El Mercurio")
"Qui pense perd" est le titre d'un squetch du groupe musical "Les Luthiers" où ils imitent un jeu du même nom émis par une chaîne de télévision. Ainsi, ce groupe de comédie argentine apporte son hommage à l'intelligence qu'affiche la TV.
Notre politique ne va pas beaucoup mieux et, compte tenu de la fête de mauvaises idées et les contradictions où s'engloutit notre bien-aimé Chili, j'ai décidé de le nommer le pays du "Qui pense perd". Dans le pays de "Qui pense perd", on fait un scandale avec la Banque d'État et Cencosud [chaîne de supermarchés] parce qu'ils repactaient les dettes en présumant le consentement des débiteurs s'ils n'avaient pas répondu [à l'avertissement]. Maintenant, cependant, nos législateurs ont décidé d'assumer leur consentement à la nouvelle loi sur le don d'organes. En d'autres termes, on peut vous retirer le coeur ou les reins sans autorisation, mais pas vous facturer des intérêts sans elle.
Dans le pays de "Qui pense perd" un professeur de droit constitutionnel dénonce une tricherie de la Constitution et ensuite invente un piège pour la modifier. Des idéologues éducatifs s'opposent aux écoles d'excellence, parce qu'ils veulent que les meilleurs étudiants restent dans leurs écoles d'origine "pour améliorer le reste". Avec cette approche, Alexis Sanchez [joueur de football] devrait continuer à jouer à Tocopilla, et pas à Barcelone, car il n'est pas resté pour améliorer les siens.
Dans le pays de "Qui pense perd" tout le monde veut utiliser un iPod, iPad ou iPhone, et jouer "play" 24/7, "être pleinement connecté", mais ne permettent pas de produire l'électricité nécessaire. Les jeunes "chic" s'opposent aux pylônes [de haute tension] dans le sud tout en faisant du shopping sous une tour de l'avenue Alonso de Córdova [où sont les commerces les plus exclusifs de Santiago]. Les jeunes réclament au nom de l'environnement avec une cigarette aux lèvres, et un village en décadence expulse l'un des rares entrepreneurs qui s'en était souvenu et qui a osé y investir [Il s'agit d'un élevage massif de porcs qui avait généré des centaines d'emplois mais a été interdit à cause des odeurs, sans donner l'occasion d'y remédier].
Dans le pays de "Qui pense perd", le ministre de la Santé d'un gouvernement de droite, non content de ce que l'Etat entre dans nos portefeuilles et notre chambre à coucher, favorise maintenant l'objectif de notre cuisine pour nous dire ce que nous pouvons ou ne pouvons pas manger.
Dans le pays de "Qui pense perd", les politiciens disent que pour que le Chili soit développé, il doit augmenter les impôts; pour améliorer l'enseignement universitaire, il doit être gratuit; et pour améliorer la qualité des écoles, il faut éviter que les parents payent.
Dans le même pays, la répartition des bons [chèques le l'État] (en mars [début des classes], aux personnes âgées, etc.) pour que les gens dépensent dans le commerce est un acte de justice social , mais donner des bons pour payer le collège qu'ils choisissent pour éduquer leurs enfants est une fomentation du profit [Le "profit" est devenu ici un mot presque synonyme de vol.].
Dans le pays de "Qui pense perd", la solution au problème des [basses] pensions causé par les lacunes de payement de la sécurité sociale, des salaires plus élevés et l'augmentation de la survie, passe par la création d'un Fond de Pension de l'Etat. Et dans ce même pays, les politiciens exigent plus d'État tandis que les chiliens souffrent des grèves du Registre Civil, des collecteurs d'ordures, et tout service publique monopole existant.
Dans ce pays, la frivolité abonde et tous ont des opinions sur ce qu'ils ne comprennent pas. Les médecins sur les projets électriques, les socialistes sur la création de richesse, les étudiants sur l'enseignement supérieur, les prêtres sur l'économie, et les avocats sur tout et rien.
Dans ce pays paradoxal, les idéologues de l'éducation et de la santé publique, et qui veulent limiter notre liberté de choisir, eux éduquent leurs enfants dans des écoles privées et vont à la clinique Las Condes [clinique privée d'un quartier riche] . Dans le pays de "Qui pense perd", on célébre les créateurs d'entreprises, mais en cas de succès on les appelle "hommes d'affaires", et on les fait sauter. Un ancien général est agressé par la presse pour avoir conduit une victime innocente à un couvent [au temps de la répression, sous Pinochet], mais un honorable qui a dirigé un groupe terroriste [un parlementaire communiste] qui a tué de nombreuses personnes fait partie de la coalition qui aspire à la présidence.
Pour mettre fin au concours, pour lequel vous allez croyex être bon, devinez ce que veut faire un secteur du pays avec le système économique, politique et juridique qui a sauvé 40 % des chiliens de la pauvreté et multiplié plusieurs fois la richesse du pays . .. Si vous pensez ... vous avez perdu!