16/09/2019

Septembre (a)

Politique
- 10.000 personnes ont participé au défilé annuel qui va à un cimetière de la capitale pour rendre hommages aux victimes de la dictature. Comme chaque fois, il y a eu des incidents de lutte avec la police.
- Il y a eu une marche antiémigrants: la photo montre le peu de participants (il y a presque plus de policiers!)

Economie
- La Banque Centrale a réduit son pronostic de croissance de l'économie fait en juin de 2,75%-3,75% à 2,25%-2,75% pour cette année. Elle a aussi baissé son taux de politique monétaire de 2,5 a 2%.
- Le projet de loi de réduction du travail hebdomadaire de 45 à 40 heures fera perdre 300.000 emplois selon le gouvernement et en créerait 235.000 selon un centre d'étude de gauche.
- Le Chili et Alibaba ont signé un accord pour créer un supermarché numérique avec des produits chiliens en Chine.
- La consommation de jus de fruits en bouteilles est passée de 16 à 25 litres par personnes/an en 10 ans et les gazeuses ont baissé de 120 à 116 litres/an. Le vin a maintenu sa quantité: 14 lt/an mais la bière est passée de 36 à 44 lt/an.
- Il y a 30 ans, il y avait 50 logis par hectare à Santiago. Il y en a maintenant 5.000. La plus forte hausse de densité s'est produite entre 2005 et 2015 et correspond à la construction de tours d'appartements.
- 50 compagnies sont "sous la loupe" du Service des Impôts pour avoir opéré avec des possibles paradis fiscaux.
- Les grands magasins ont eu un résultat opérationnel négatif au dernier trimestre, produit de la baisse des ventes et cela malgré les liquidations. La rotation des produits est nettement plus lente, ce qui les a obligé à aussi réduire leur stock.

Sécurité
- Dix maisons appartenant à des bandes de narcotrafiquants, découvertes et arrêtées, ont été expropriées.
- Encore des incendies provoqués en Araucanie.
- Incidents pour l'anniversaire du coup d'état du 11/09 à Santiago: barricades dans 12 communes, 6 policiers et un civil blessés, 3 véhicules incendiés et 44 détenus. Le président Piñera a invité à apprendre des erreurs et "réfléchir sur les causes et conséquences" du coup d'état. Le principal journal conservateur du pays a publié une insertion payée d'une page, signée par 60 personnes, sous le titre "11/09/1973: Le Chili s'est sauvé de devenir comme le Vénézuéla d'aujoud'hui", ce qui a provoqué de fortes protestations des secteurs de gauche.
- La police a enfin commencé à remplacer les uniformés par des civils pour les tâches administratives dans les commissariats, pour destiner plus d'uniformés dans les rues.

Santé
- 1.800 personnes decident de se suicider chaque année ici et d'elles, 20% ont entre 20 et 24 ans.
- Nouveau problème de la société des eaux qui avait laissé Osorno sans eau potable durant une semaine: la même chose s'est produite à Puerto Octay (du combustible mêlé dans l'eau), qui sera sans eau pour une "période indéfinie" (probablement une quinzaine de jours).

Transports et Communications
- L'agrandissement de l'aéroport de Santiago avance: il a mis en fonction une nouvelle aile avec 12 salles d'embarquement et 1.600 m2 de locaux commerciaux ainsi qu'un parking de 1.500 places.

Education
- 16% seulement des universitaires terminent leurs études dans le temps prévu par leur programme, 84% les terminant avec du retard pour avoir dû répéter des cours.

Climat
- 47% des chiliens croient que la recherche permanente de la croissance économique "fait du tort" en relation aux effets sur le climat. 66% croient que cela ne bénéficie que les plus riches. 51% estiment que l'environnement devrait être une priorité pour le gouvernement. Dans l'item intitulé "Quand un politicien parle de croissance économique...", la perception est généralement négative, car deux positions sont observées: les politiciens parlent aux gens de croissance pour augmenter leurs salaires, générant ainsi de la colère et un sentiment de fourberie, et les politiciens parlent de croissance économique déconnectée de la réalité du pays.
- Le Chili est le pays qui a le plus de consommateurs "engagés" dans la lutte pour protéger l'environnement (37%), selon une enquête mondiale de la firma Kantar.


EXTRA: Technocrates au tiroir
Par Ignacio Briones, Doyen Ecole de Gouvernement Université A. Ibañez (Extrait de La Tercera, 10/09/2019)
Que l'influence des technocrates diminue, semble être un fait. Si, dans le passé, ils ont marché la tête haute, ils sont aujourd'hui découragés. Difficile à préciser quand la baisse a commencé. Nous savons seulement qu'ils sont de plus en plus absents d'un débat de politique publique dont la qualité décline. "Technocrates dans le tiroir." Cela semble être le slogan d’une discussion de plus en plus ancrée dans les bonnes intentions, le slogan et la recherche d’une popularité immédiate.
Le technocrate est accusé d'usurpation du rôle qui correspond à la politique. Mais c'est une critique exagérée. Si la technocratie est le gouvernement de techniciens, il semble discutable d'affirmer qu'une telle chose ait existé réellement au Chili. Malgré son influence indéniable, y compris une tradition de ministres qui associent tonnage politique et rigueur technique, la recommandation de l'expert est toujours médiatisée par la délibération politique.
La qualité du débat gagne lorsque des connaissances spécialisées, issues de diverses disciplines, contribuent à l'établissement de diagnostics fondés sur des données probantes, à l'évaluation de l'impact des politiques et à la définition des priorités, tâche fondamentale d'une action politique sérieuse. Naturellement, cela ne peut se produire que si les politiciens sont réceptifs à cette connaissance. Prétendre que la politique publique peut être faite au nez et à la grandeur est une voie vers de mauvaises décisions et une expression de la médiocrité.
Malheureusement, une grande partie de cela est respirée aujourd'hui. Le débat - si nous pouvons l'appeler ainsi - sur les 40 (35) heures [de travail] en est l'expression la plus récente. Est-il honnête d’annoncer des avantages magiques et des gains de productivité, mais aucun coût? N'est-ce pas grave de ne pas évaluer l’impact sur le marché du travail et d’oublier le coût fiscal? Et que dire du fantasme de croire que l'augmentation du coût de la main-d'œuvre crée des emplois? Combien le président de la Banque Centrale a-t-il raison d'appeler à une étude approfondie et à prendre conscience des effets d'une telle réforme!